Etats-Unis: Pendant trois ans, elle a fait croire à sa fille que sa mort était imminente

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États-UnisPendant trois ans, elle a fait croire à sa fille que sa mort était imminente

Une mère de famille a été condamnée la semaine dernière pour avoir inventé une maladie grave à sa fille et profité de la générosité de la communauté.

L’enfant a suivi trois ans de thérapie pour «apprendre à accepter sa propre mort».

L’enfant a suivi trois ans de thérapie pour «apprendre à accepter sa propre mort».

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C’est une bien sordide histoire qui a occupé un tribunal de Canton (Ohio), la semaine dernière. Lindsey Abbuhl, qui avait plaidé coupable de mise en danger d’un enfant et de vol, a été condamnée à une peine de 4 à 6 ans de prison. L’Américaine devra, par ailleurs, rembourser la somme de 8529 dollars. Il était reproché à la trentenaire d’avoir fait vivre un cauchemar éveillé à sa fille de 11 ans. Pendant plusieurs années, Lindsey a en effet fait croire à son enfant – et au reste du monde – qu’elle était atteinte d’une maladie incurable et que ses jours étaient comptés.

En janvier 2021, la trentenaire et sa fille ont donné une interview à la chaîne FOX 8. Lors de cet entretien, Lindsey a expliqué que le système nerveux central de sa fille était en train de lâcher et que son cerveau cessait peu à peu de fonctionner. L’Américaine a raconté que sa fille avait dû renoncer à son rêve de devenir une joueuse de softball. «Ses médecins craignaient que ce sport soit un peu trop physique pour elle, vu son état de santé. Alors nous avons dû prendre la difficile décision l’année dernière de la retirer de l’équipe», a témoigné Lindsey.

Trois mois après cette interview, quelqu’un a alerté le Département du travail et des affaires familiales du comté de Stark, écrit «People». Cette personne accusait la mère de famille d’avoir menti à sa fille et au public «pendant plusieurs années pour obtenir des voyages, des logements et d’autres dons». En effet, la mère de famille a largement profité de la générosité d’amis, de voisins, d’organisations locales ou encore d’internautes, touchés par la (fausse) histoire de sa fille.

Traumatisme

Après avoir examiné le dossier médical de l’enfant, les autorités ont pu établir que celle-ci ne souffrait en aucun cas d’une maladie incurable. Lindsey était allée si loin dans le mensonge que sa fille suivait, depuis trois ans, une thérapie pour apprendre à «accepter sa propre mort». Condamnée jeudi dernier, la mère de famille devrait sortir de prison dans six mois si elle se comporte correctement. «C’est la meilleure façon d’éviter de traumatiser davantage une enfant qui a déjà tellement souffert», a estimé le procureur.

De son côté, l’avocat de la trentenaire a affirmé que l’enfant souffrait bel et bien de «maladies, dont une lésion au cerveau». Il a ajouté que la seule raison pour laquelle Lindsey avait plaidé coupable, c’était pour ne pas risquer une lourde peine de prison. Selon Me Paul Kelly, la jeune fille «se porte bien» et vit actuellement avec son père.

Une forme grave de maltraitance

Le terme n’apparaît nulle part dans les médias américains qui ont relaté cette affaire, mais le cas de Lindsey Abbuhl fait penser au syndrome de Münchhausen par procuration. La personne souffrant de ce trouble psychiatrique simule ou provoque délibérément chez un proche – le plus souvent un enfant – des symptômes ou maladie. Le but est d’obtenir l’attention de son entourage et du corps médical.

(joc)

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