Transports publics: Pendulaires séduits par une assurance «inutile»

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Transports publicsPendulaires séduits par une assurance «inutile»

Un nombre grandissant de personnes souscrivent au livret de protection des transports publics, proposé par les CFF. Or selon un expert, cette police n'est pas nécessaire.

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P. Michel/ofu
Keystone/Steffen Schmidt

Les pendulaires le savent: oublier ses affaires dans le train est vite arrivé, surtout lorsqu'on est pressé ou stressé. Et les voleurs à bord des convois ne sont pas rares non plus. Sur les 20'000 délits commis l'an dernier à bord des trains, 63% étaient des vols, informent mardi les CFF. Voilà une des raisons pour lesquelles l'ex-régie fédérale propose depuis plusieurs années en collaboration avec Allianz le livret de protection des transports publics. Il s'agit d'une assurance couvrant les objets de valeurs des voyageurs.

Des recherches de «20 Minuten» montrent que la police remporte un franc succès auprès des voyageurs. Contactée, l'assurance Allianz confirme que les ventes ont quasi doublé par rapport à 2017, sans pour autant donner de chiffres précis. Elle précise uniquement que les souscriptions sont «très nombreuses».

Appareils électroniques pas couverts

Selon le porte-parole d'Allianz, Sandro Schwärzler, la demande grandissante est due au fait que les pendulaires transportent de plus en plus d'objets de valeurs avec eux. L'assurance couvre notamment la perte ou le vol de cartes personnelles et pièces d'identité tout comme le remplacement des clés du domicile. «De nos jours, faire remplacer ces objets peut rapidement coûter plusieurs centaines de francs», note Sandro Schwärzler. Selon lui, nombre de clients n'ont par ailleur pas la patience de lancer un ordre de recherche ou ils ne veulent simplement pas prendre le risque que leurs affaires ne soient jamais déposées dans un bureau des objets trouvés.

La prime annuelle du livret de protection se monte à 27 francs, sans franchise. Le hic: les appareils électroniques tels que les natels ou les tablettes ne sont pas couverts. Interrogé à ce sujet, Sandro Schwärzler explique: «Si de tels objets étaient couverts, l'assurance ne coûterait pas aussi peu.»

Se renseigner avant de signer

C'est justement pour ce genre de raisons que Frank Zimmermann, de la communauté d'intérêts pour les transports publics, estime que l'assurance est «inutile». Selon lui, on fait croire aux gens que les objets perdus dans les bus ou les trains ne sont pas couverts. Cependant, précise-t-il, la plupart de ces dommages sont déjà pris en charge par l'assurance ménage. Cécile Thomi, responsable à la Fondation alémanique pour la protection des consommateurs, conseille elle aussi: «Les gens devraient s'assurer que ces dommages ne sont pas déjà couverts par une autre assurance.»

Reto Schärli, porte-parole des CFF, explique que près de la moitié des objets atterrissant au bureau des objets trouvés sont remis à leur propriétaire. Lorsque la situation est urgente, comme par exemple lorsqu'on a perdu son porte-monnaie, il est possible de lancer un ordre de recherche pour 50 francs. Dans ce cas, le personnel du train est immédiatement contacté pour qu'il se mette à la recherche de l'objet perdu. L'avantage supplémentaire du livret de protection réside dans le fait que les coûts de remplacement sont couverts, ajoute-t-il. Sandro Schwärzler ajoute: «Contrairement à l'assurance ménage, le client obtient une assurance pour seulement 27 francs par an et cela sans franchise.»

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