Grippe porcine: Pénurie de vaccins et généralistes sous pression
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Grippe porcinePénurie de vaccins et généralistes sous pression

Après les personnes à risques et le personnel soignant, l'ensemble de la population pourra bientôt se faire vacciner contre la grippe A(H1N1).

Pour l'heure, certains médecins sont toutefois confrontés à une pénurie de doses en raison de problèmes de distribution.

Les cantons devraient être en mesure de lancer la deuxième phase à la fin de la semaine ou au milieu de la semaine prochaine, a dit mardi Katrin Holenstein, porte-parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), interrogée par l'ATS.

Le troisième vaccin autorisé en Suisse, le Celtura, a commencé à être livré mardi, a-t-elle précisé. D'ici mercredi ou jeudi, 500'000 doses seront acheminées et les cantons disposeront alors de suffisamment de vaccins pour la population générale.

Le canton de Vaud annonce le démarrage dès la semaine prochaine, alors que les Neuchâtelois devront attendre le 3 décembre. Le ministre neuchâtelois de la sécurité Jean Studer a convoqué le personnel de la protection civile pour exploiter les deux centres de vaccination cantonaux. Il l'a fait au moyen d'une lettre transmise à l'ATS par la télévision régionale Canal Alpha qui a révélé l'information.

En ce moment, les médecins généralistes mettent les bouchées doubles pour immuniser les groupes à risques et le personnel soignant. L'OFSP n'a pas de vision d'ensemble du déroulement de cette phase, l'organisation étant différente selon les cantons. «La demande est plus élevée que ce que nous pensions», a toutefois relevé Mme Holenstein.

Problèmes de distribution

Plusieurs cantons, comme Bâle-Ville ou Genève, connaissent des problèmes, a indiqué pour sa part François-Gérard Héritier, président de la Société suisse de médecine générale (SSMG). Certains cantons viennent seulement de recevoir les vaccins, à l'image du Jura, qui a été livré lundi.

L'organisation régionale de la distribution est en cause, diagnostique M. Héritier. «Dans certaines régions, ça joue, dans d'autres pas». Les médecins généralistes genevois ne sont pas contents de la manière dont les vaccins leur sont distribués. Certains ont même écrit au conseiller d'Etat Pierre-François Unger pour se plaindre.

«Pour le moment, nous n'avons que deux types de vaccin à disposition, le troisième se faisant attendre», a noté Philippe Fontaine, coprésident des médecins généralistes genevois. L'un de ces vaccins est monodose et réservé aux enfants et aux femmes enceintes. L'autre est livré par flacon de dix doses.

«Je dois trouver chaque jour dix personnes qui veulent bien se faire immuniser pour éviter de devoir jeter des doses, car le vaccin n'est plus utilisable au bout de 24 heures», a relevé M. Fontaine.

A Bâle-Ville aussi

Bâle-Ville connaît aussi des difficultés, selon le conseiller d'Etat Carlo Conti. La Confédération a planifié la distribution en se basant sur les données de population de l'Office fédéral de la statistique, explique-t-il dans la «Basler Zeitung». Or ces chiffres ne tiennent pas compte de facteurs propres à certains cantons.

Par exemple à Bâle-Ville, contrairement à Bâle-Campagne, de nombreux médecins comptent parmi leurs patients des enfants et des femmes provenant d'autres cantons. Les hôpitaux bâlois prennent aussi en charge beaucoup de personnes qui ne résident pas à Bâle- Ville, explique Carlo Conti. «Les contingents ont été mal calculés», admet Katrin Holenstein.

Le problème devrait se résoudre ces prochains jours, selon Carlo Conti. Bâle-Ville se verra livrer un contingent de vaccins plus important.

Mécontentement

Du côté des généralistes, on ne cache pas un certain mécontentement. Aux problèmes de distribution s'ajoutent une surcharge de travail et des difficultés d'organisation. «Dans les cabinets, il y a notamment davantage de pression sur l'assistante médicale», note François-Gérard Héritier. (ats)

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