Actualisé 05.08.2016 à 16:00

GenèvePercée dans la lutte contre le lymphome

Des scientifiques genevois ont trouvé un moyen de bloquer la migration des cellules malades générées par le cancer des globules blancs.

La découverte a été faite par des scientifiques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l'Université de Genève.

La découverte a été faite par des scientifiques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l'Université de Genève.

photo: Keystone/Martial Trezzini

Des scientifiques de l'Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont découvert un moyen de freiner le développement du lymphome, ce cancer qui affecte les globules blancs appelés lymphocytes. Les recherches en sont encore au stade expérimental. Elles pourraient à terme déboucher sur de nouveaux traitements contre la maladie.

Les scientifiques genevois ont utilisé un anticorps qui est capable de bloquer la migration des cellules cancéreuses. Ces dernières restent confinées dans les vaisseaux sanguins, où elles ne survivent pas longtemps. Elles ne s'infiltrent plus dans les ganglions, la rate ou la moelle osseuse, pour proliférer et y former des tumeurs.

L'objectif était de trouver un moyen de piéger les cellules malignes dans le sang, ont expliqué vendredi les HUG et l'UNIGE. Certains lymphocytes ayant muté pour devenir cancéreux sont équipés en surface d'un marqueur spécifique, la protéine JAM-C. Cette protéine facilite le passage à travers les vaisseaux sanguins.

Un anticorps très efficace

Les chercheurs genevois ont découvert que l'anticorps H225 avait la capacité de se fixer uniquement sur JAM-C. Lors d'expériences effectuées sur des souris, l'anticorps est parvenu à diminuer de plus de moitié le passage des cellules cancéreuses dans le système lymphatique.

H225 a aussi comme propriété de limiter la prolifération cellulaire, même après l'arrivée des lymphocytes tumoraux dans les ganglions, la rate ou la moelle osseuse. La quasi-totalité des cellules cancéreuses déjà installées dans les organes avait ainsi disparu chez les souris observées.

La découverte faite à Genève s'inscrit dans la lignée des récents travaux dans le domaine de l'immunothérapie des cancers, qui consistent à concevoir des traitements en se fondant sur le système immunitaire humain. «Une première pierre d'une nouvelle stratégie thérapeutique» contre le lymphome a été posée.

Les recherches se poursuivent. L'objectif serait de pouvoir proposer aux patients, «d'ici à quelques années», un traitement ayant fait la preuve de son efficacité, ont fait savoir les HUG et l'UNIGE. Les résultats de l'étude genevoise ont été publiés dans le magazine spécialisé Journal of Leukocyte Biology. (ats)

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