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Nyon (VD)Père et fils jugés pour avoir tabassé un squatteur

Un quinquagénaire et son fiston sont jugés ce mardi. Ils sont accusés d'avoir agressé et séquestré un homme découvert dans leur maison en 2015.

par
Caroline Gebhard

Le père, 51 ans, comparaît en baskets, ses cheveux noués en catogan. Son fils, 24 ans, a revêtu son plus beau costume. C'est lui qui tient le crachoir, devant le tribunal, pour expliquer ce qui s'est passé le 23 août 2015 à Nyon. Au petit matin, tous deux ont découvert un SDF endormi dans leur maison de vacances. Leur sang n'a fait qu'un tour. «Quand je suis tombé nez à nez avec lui, je n'ai pas mesuré l'amplitude de mes coups car j'avais peur», a justifié le plus jeune. Une fois le visiteur maîtrisé, le duo a continué à frapper: «Ce qui choque, c'est l'acharnement dont ils ont fait preuve», a relevé la procureure, signalant que la victime a fini avec de nombreuses lésions, dont un traumatisme crânien: «Ils ont passé leurs nerfs sur lui.»

«On ne comprend pas pourquoi ils ont retenu la victime aussi longtemps», a poursuivi la magistrate, évoquant une séquestration d'au moins trente minutes. «J'étais curieux de savoir comment il était arrivé dans ma maison, j'étais agacé par ses réponses et, je m'en excuse, ça m'a amené à lui mettre quelques gifles», a déclaré le fils. Son père a ajouté qu'il n'avait pas supporté de retrouver les clés de la maison dans la poche du SDF: «Je me suis senti violé dans mon intimité». Après avoir frappé le squatteur, le duo s'est emparé de ses effets personnels et de son argent avant de le jeter dehors: «On lui avait bien dit qu'on lui rendrait ses affaires le lendemain», a assuré le plus jeune. La procureure a requis 15 mois de prison avec sursis durant deux ans pour agression, vol et séquestration. Le verdict sera rendu lundi.

Plainte pénale retirée

Après avoir été éjecté de la maison où il s'était installé la veille des faits, le SDF s'est rendu à la police pendant que le père et le fils buvaient du vin dans leur demeure. Ceux-ci ont été détenus durant cinq jours tandis que le squatteur a été admis à l'unité de soins continus de neurochirurgie du CHUV puis transféré à l'hôpital de Nyon d'où il est sorti le 28 août 2015. Il avait porté plainte contre ses agresseurs mais il s'est rétracté récemment après avoir trouvé un accord sur le plan civil avec eux.

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