Winterthour (ZH): Père infanticide: le procureur veut l'internement
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Winterthour (ZH)Père infanticide: le procureur veut l'internement

Le Suisse de 63 ans qui avait tué son fils, en 2010, à Winterthour, risque l'internement à vie.

L'homme qui a tué son fils de 4 ans en février 2010 dans un hôtel de Winterthour (ZH) doit être emprisonné à vie et interné. Le procureur a requis cette peine mercredi devant le tribunal de district de Winterthour. Les plaidoiries ont lieu jeudi.

Selon l'acte d'accusation, ce Suisse de 63 ans doit être condamné pour assassinat. Il a étranglé son fils dans une chambre d'hôtel, car il craignait que la mère, une Brésilienne, emporte l'enfant dans son pays d'origine.

Le prévenu a refusé de dire ce qui s'est vraiment passé dans l'hôtel. Même durant l'enquête, il n'a jamais expliqué les circonstances de la mort de son fils. Il a déclaré avoir été «dans un sale état» au moment des faits.

Somnifère

Le père a toutefois admis avoir donné un somnifère à son fils, mais il n'a pas voulu dire s'il l'avait étranglé. Il a ensuite ajouté: «Cela n'aurait jamais dû se passer».

A l'ouverture du procès mercredi, l'avocat de la défense a exigé un nouveau rapport psychiatrique. Il estime que cet examen supplémentaire mettra en évidence une forme légère d'autisme (syndrome d'Asperger) chez son client.

Dans le rapport psychiatrique officiel présenté mercredi au tribunal, les experts soulignent que le prévenu souffre de troubles paranoïaques et narcissiques. Il est très méfiant, rancunier, voit des conspirations partout et a une tendance à l'agressivité.

Syndrome d'Asperger

Mais il ne souffre en aucun cas du syndrome d'Asperger, souligne le rapport. Une personne souffrant de ce syndrome n'est pas intéressée par une liaison et évite les regards. Elle peut aussi parler d'un sujet technique dans tous ses détails.

Pour les experts, aucun de ces éléments ne se retrouve chez le prévenu. Les partenaires de l'accusé parlent d'un homme autoritaire qui voulait les modeler, qui pouvait être violent et ne se remettait jamais en question.

Malgré d'importants troubles de la personnalité, le prévenu est considéré par les experts comme totalement responsable de ses actes. «Il aurait pu agir autrement», a déclaré un spécialiste en évoquant le meurtre de l'enfant de 4 ans à Winterthour.

«Pas guérissable»

Selon le rapport, le prévenu n'est «pas guérissable». Rien ne montre chez lui une volonté de se soigner bien qu'il prétende le contraire. Depuis la tentative de meurtre contre son premier fils en 1990, toutes les thérapies ont échoué.

Durant l'audience, l'accusé a dit qu'il avait eu une enfance difficile, qu'il a un sentiment d'exclusion et que sa recherche du «savoir» l'a amené vers la Scientologie. Il a évoqué une tentative de suicide et son premier mariage qui s'est soldé par un divorce.

L'homme a également parlé de son premier enfant qu'il a tenté de tuer en 1990 alors qu'il avait 13 ans. Là aussi, il craignait que la mère ne lui prenne son fils. Le garçon a survécu. Il était présent au procès mercredi. La mère de l'enfant tué en 2010 était aussi là. (ats)

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