France: Perpertuité requise en appel contre Heaulme
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FrancePerpertuité requise en appel contre Heaulme

La réclusion criminelle à perpétuité a été requise en appel aujourd'hui contre Francis Heaulme pour le meurtre de deux enfants de 8 ans en 1986.

Francis Heaulme, incarcéré depuis 1992, purge deux condamnations à la perpétuité.

Francis Heaulme, incarcéré depuis 1992, purge deux condamnations à la perpétuité.

AFP

La réclusion criminelle à perpétuité a été requise en appel jeudi à Versailles contre le tueur en série français Francis Heaulme pour le meurtre de deux enfants de huit ans en 1986 à Montigny-lès-Metz (nord-est). L'accusé a toujours nié ce crime.

Les avocats généraux ont requis la même peine que celle prononcée en première instance. Ils se sont appuyés sur un faisceau d'indices malgré l'absence de preuves matérielles et d'aveux de l'accusé.

«S'ils sont morts c'est qu'ils ont croisé celui qu'il ne fallait pas», a déclaré l'avocat général Guirec Le Bras en concluant ses réquisitions. «Donnez définitivement un visage à celui qui a fait disparaître les enfants, et ce visage c'est celui de Francis Heaulme».

Le 28 septembre 1986, Cyril Beining et Alexandre Beckrich avaient été retrouvés morts, le crâne fracassé, sur un talus près d'une voie ferrée de cette commune située en périphérie de Metz.

Francis Heaulme, incarcéré depuis 1992, a déjà été condamné pour neuf meurtres dont celui d'un enfant de neuf ans. Il purge notamment deux condamnations à la perpétuité.

Adolescent accusé à tort

Ce double meurtre a valu à un riverain, Patrick Dils, un adolescent de seize ans à l'époque, d'être condamné à tort à la perpétuité et de passer quinze ans derrière les barreaux. Il avait été libéré à la faveur de la révision de son procès en 2002, avant que Francis Heaulme ne soit renvoyé devant les assises.

«Le rôle du ministère public s'avère délicat, puisque nos représentants ont soutenu deux thèses différentes contre deux personnes accusées des mêmes faits», a rappelé plus tôt l'autre avocat général, Olivier Mesrine.

«Lorsque la justice s'est fourvoyée, égarée dans ce que mon collègue a appelé un 'aveuglement collectif', il nous faut le reconnaître et en tant que ses représentants, accepter les erreurs, si préjudiciables qu'elles aient pu être», a-t-il ajouté.

Sixième procès

Le magistrat est longuement revenu sur la procédure de révision qui a abouti à l'acquittement de Patrick Dils, affirmant que Francis Heaulme est «la seule personne à devoir être jugée désormais».

Le procès qui se tient à Versailles est le sixième de cette procédure tortueuse dans laquelle toutes les preuves matérielles ont disparu. «L'ADN n'est pas la reine des preuves, pas plus que l'aveu», a estimé M. Le Bras. «Un fait doit être confronté aux autres éléments de l'enquête», a-t-il déclaré.

Le verdict est attendu vendredi dans la journée. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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