Corée du Sud: Perpétuité pour le capitaine du ferry naufragé
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Corée du SudPerpétuité pour le capitaine du ferry naufragé

La justice sud-coréenne a alourdi en appel mardi la condamnation du capitaine du ferry Sewol, dont le naufrage voici un an avait fait 304 morts. Il a porté la sentence à la prison à perpétuité.

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16.04.2016 Plus de 300 personnes, essentiellement des lycéens, avaient péri lors du naufrage. Les familles se sont rassemblées deux ans après le drame pour une cérémonie d'hommage alors que le ferry sarrête à être renfloué.

16.04.2016 Plus de 300 personnes, essentiellement des lycéens, avaient péri lors du naufrage. Les familles se sont rassemblées deux ans après le drame pour une cérémonie d'hommage alors que le ferry sarrête à être renfloué.

AP/lee Jin-man
15.04.2016 Les familles se sont rassemblées deux ans après le drame pour une cérémonie d'hommage aux 300 personnes mortes dans le naufrage du ferry.

15.04.2016 Les familles se sont rassemblées deux ans après le drame pour une cérémonie d'hommage aux 300 personnes mortes dans le naufrage du ferry.

AP/ahn Young-joon
28.04.2015  La justice sud-coréenne a alourdi en appel mardi la condamnation du capitaine du ferry Sewol, dont le naufrage voici un an avait fait 304 morts. Il a porté la sentence à la prison à perpétuité.

28.04.2015 La justice sud-coréenne a alourdi en appel mardi la condamnation du capitaine du ferry Sewol, dont le naufrage voici un an avait fait 304 morts. Il a porté la sentence à la prison à perpétuité.

AFP/ahn Young-joon

La cour d'appel de Gwangju, dans le sud du pays, a reconnu Lee Jun-Seok coupable de meurtres. En première instance en novembre, le capitaine du ferry avait été acquitté de ce chef, suscitant la colère des familles, et condamné à 36 ans de réclusion pour plusieurs manquements graves à ses devoirs d'officier.

Le ferry surchargé avait coulé au large de l'île méridionale de Jingo le 16 avril 2014 avec à son bord 476 personnes, dont 325 lycéens. Des 304 victimes, 250 étaient des lycéens d'un même établissement scolaire.

Les avocats généraux avaient requis la peine de mort à l'encontre de l'accusé. Ils estimaient que celui-ci avait abandonné à leur sort funeste ses passagers en sachant pertinemment qu'ils allaient mourir.

«Agissements irresponsables»

«Les agissements irresponsables du capitaine Lee ont provoqué la mort de jeunes étudiants qui ont péri sans réaliser leurs rêves (...) et il a infligé des blessures irréparables à leur famille», a dit la cour dans ses attendus.

«Il a contrevenu à ses devoirs de capitaine. Il doit être mis à l'écart pour toujours de notre société», a dit la cour. «Ses agissements, qui ont sérieusement terni notre image nationale, ne sont pas pardonnables».

Navire surchargé

L'instruction avait mis en évidence une combinaison de facteurs expliquant la catastrophe: de la surcharge du navire à l'incompétence de l'équipage, en passant par des travaux d'agrandissement illégaux qui ont affaibli sa flottabilité. La lenteur des secours avait également été mise en cause, de même que leur manque de coordination.

Mais la colère des familles s'est centrée sur les membres de l'équipage, parmi les premiers à grimper dans les canots de sauvetage, abandonnant à leur sort des centaines de passagers coincés à bord du navire en perdition. L'angoisse des proches des victimes s'est trouvée décuplée lorsqu'il est apparu que l'équipage avait donné l'ordre aux passagers de ne pas bouger.

Des vidéos réalisées par des lycéens sur leurs téléphones portables, et retrouvées lors de la récupération des corps dans l'épave, faisaient entendre un message par haut-parleurs. Celui-ci leur intimait de rester en place alors que le ferry prenait de plus en plus de gîte.

Le ferry sera renfloué

Seuls 295 corps ont été récupérés dans l'épave et les autorités viennent d'annoncer que le ferry de 6825 tonnes serait renfloué, comme le réclamaient les familles avec insistance. Les plongeurs ont cessé en novembre leurs recherches pour retrouver les neuf disparus.

Jeong Hye-Sun, la mère d'un lycéen décédé, ne s'est pas satisfaite du verdict de la cour d'appel. «Quelle est la différence entre 36 ans de prison et la perpétuité quand on est un vieil homme?», a-t-elle demandé. «Il aurait dû être condamné à mort», a-t-elle déclaré.

Problèmes de corruption

Lors du premier procès, le capitaine avait expliqué qu'il avait commis un crime pour lequel il «méritait la mort». Mais il avait démenti avec force avoir jamais eu l'intention de sacrifier la vie de ses passagers.

En première instance, 14 autres membres d'équipage avaient été condamnés à des peines allant de cinq à 30 ans de prison. La cour d'appel a revu ces condamnations à la baisse, entre 18 mois et 12 ans.

L'accident avait aussi mis en exergue des problèmes endémiques de corruption et de normes de sécurité déficientes. Ces dernières sont imputées à la volonté des autorités de donner la priorité à la croissance économique avant toute autre considération. (ats)

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