Assassinat de Valentin: Perpétuité pour le meurtrier, 18 ans pour son ex
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Assassinat de ValentinPerpétuité pour le meurtrier, 18 ans pour son ex

Le couple qui avait tué un jeune garçon de dix ans de 44 coups de couteau en 2008 ont écopé de 18 ans de prison et de la perpétuité.

Le couple a été reconnu coupable de l'assassinat de Valentin, en 2008.

Le couple a été reconnu coupable de l'assassinat de Valentin, en 2008.

Un homme de 43 ans a été condamné jeudi à la réclusion à perpétuité par les assises du département français de l'Ain pour l'assassinat d'un enfant de dix ans, le «petit Valentin» en juillet 2008. Sa compagne a écopé de 18 ans de réclusion pour complicité, à l'issue d'un procès focalisé sur la «pénalisation de la folie».

La cour a été plus sévère que l'avocat général qui, «tenant compte de l'altération de son discernement», avait requis mercredi trente ans de réclusion contre l'accusé, jugé pour assassinat avec actes de barbarie. Il avait demandé de «16 à 18 ans» pour son ancienne compagne.

Dans son réquisitoire, Jean-Paul Gandolière avait fait valoir que «l'irresponsabilité pénale» de ce marginal de 42 ans «n'était pas établie» à l'issue des querelles d'experts psychiatres ayant marqué le procès.

Il a aussi souligné que l'hôpital-prison présentait «des garanties importantes» pour la société, contrairement au «placement d'office en hôpital psychiatrique», décidé en cas d'»irresponsabilité pénale», car il «ne sera plus un meurtrier, mais un malade» et pourra sortir en fonction de son traitement.

Délires mystiques

Le magistrat et les avocats des parties civiles ont évoqué la «mort atroce» de Valentin, dix ans, «immolé» de 44 coups de couteau et qui «s'est vu mourir pendant dix minutes», la nuit du 28 juillet 2008.

Quant à la femme du couple, surnommée «Sa Majesté», 52 ans, elle a «créé les conditions du crime» car «elle a armé intellectuellement et moralement» son compagnon avec ses délires mystiques», a déclaré M. Gandolière pour qui le soir du meurtre «elle sait qu'il part avec un couteau pour tuer». «Ils sont conscients», a-t-il dit.

Jeudi matin, la défense de l'accusé a demandé à la cour d'avoir le «courage» de dire qu'il était «fou» et donc irresponsable pénalement. «Bien sûr qu'il est coupable» mais «vous n'aurez pas d'explication» à ce «crime odieux», car (l'accusé) «ne peut pas vous la donner», a tonné Me Frank Berton.

«Volonté de juger des fous»

Dénonçant une «volonté affichée du juger les fous», son autre conseil Hubert Delarue a rappelé à la cour que depuis la loi sur l'hospitalisation d'office du 27 juillet 2011, il y avait avec les «centres fermés», «une autre voie» que la prison pour les «psychotiques dangereux».

Il a «supplié» les jurés de faire preuve de «bon sens», soulignant qu'ils seront «les derniers» à ne pas avoir à «motiver leur décision», comme ce sera le cas à partir du 1er janvier 2012.

Son troisième conseil, Pierre Pilloud, a dénoncé «l'hypocrisie» du procès, soulignant que après le début de l'errance mystique du couple émaillée de divers incidents et de «discours délirants», ni les «services sociaux», ni la «gendarmerie» n'avaient donné suite.

«Ce soir, on a condamné à perpétuité un handicapé mental, dont quatre psychiatres de renom avaient considéré que son discernement était totalement aboli au moment des faits», a déploré Me Delarue, qui a dix jours pour faire appel.

(ats)

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