Affaire Hildebrand: Perquisition chez Christoph Blocher
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Affaire HildebrandPerquisition chez Christoph Blocher

Le Ministère public zurichois a lancé une procédure pénale contre Christoph Blocher dans l'affaire Hildebrand, et a effectué une perquisition au domicile du conseiller national UDC mardi.

L'ex-conseiller fédéral Christoph Blocher est sous le coup d'une enquête pénale dans le cadre de l'affaire Hildebrand. Mardi, le Ministère public zurichois a ordonné une perquisition au domicile et au siège d'une des sociétés de l'actuel conseiller national (UDC/ZH) soupçonné de violation du secret bancaire.

La procédure ouverte lundi doit déterminer si Christoph Blocher a participé d'une manière répréhensible pénalement à la diffusion de données bancaires confidentielles par un informaticien de la banque Sarasin, a indiqué le Ministère public dans un communiqué. Il confirmait une information révélée par l'émission «10vor10» de la télévision alémanique.

Le Ministère public enquête déjà depuis début janvier sur l'affaire Hildebrand. Sont visés l'avocat et député UDC au Grand Conseil thurgovien Hermann Lei, son collègue zurichois Claudio Schmid ainsi qu'un informaticien de la banque Sarasin.

Premiers résultats d'enquête

Dans ce cadre, plusieurs perquisitions ont été menées et M. Blocher a été interrogé en tant que personne appelée à fournir des renseignements. Les premiers résultats ont conduit le procureur en charge à étendre la procédure au stratège et vice-président de l'UDC.

L'autorité d'enquête indique avoir attendu la fin de la session parlementaire de printemps pour lancer les poursuites. Il s'agissait de respecter la garantie de participation aux sessions à laquelle ont droit les députés.

Pas d'immunité

Aucune demande d'immunité parlementaire n'a été déposée, selon le président de la commission Immunité du Parlement, Heinz Brand qui n'a en tous cas rien reçu lui-même.

Selon la loi, un député soupçonné d'avoir commis une infraction en rapport direct avec ses fonctions ou ses activités parlementaires ne peut être poursuivi qu'avec l'autorisation des commissions compétentes des deux conseils.

Le Ministère public zurichois estime-t-il que les faits qu'il reproche à M.Blocher n'ont rien à voir avec ses fonctions de conseiller national ou a-t-il omis de faire une demande de levée de l'immunité?, s'interroge M.Brand. Dans ce dernier cas, la procédure pourrait être contestée. Sa commission siège la semaine prochaine et devrait traiter du dossier, a-t-il précisé à l'ats.

Présomption d'innocence

Le Ministère public n'a pas donné plus de détails. Il insiste sur la présomption d'innocence.

Quand à M. Blocher, il a fait savoir par son porte-parole qu'il ne ferait aucune déclaration dans l'immédiat. On ignore si lui-même veut revendiquer avoir jouer ce «rôle de facteur» en tant que conseiller national. Le Zurichois a évité par trois fois la levée de son immunité par le passé.

Pas une première

Une telle action avait été intentée à son encontre en 2004, alors qu'il était conseiller fédéral, ainsi qu'en 1994 et 2001 alors qu'il siégeait au Conseil national. Il s'agissait dans un cas d'une affaire de diffamation, dans un autre, déjà conduit par le Ministère public zurichois, de violation de la norme contre le racisme, et enfin pour avoir utilisé sa position de député pour favoriser son entreprise active dans la formation.

Christoph Blocher n'est en revanche pas le premier membre ou ex- membre du Conseil fédéral à se trouver sous le coup d'une procédure pénale. Si Elisabeth Kopp n'avait pas été elle-même inquiétée, on trouve en revanche, au XIXe siècle un conseiller fédéral vaudois, Constant Fornerod, qui a purgé plusieurs années de prison à Paris, pour avoir mené à la banqueroute une banque dont il avait pris la direction après avoir quitté le gouvernement en octobre 1867, a indiqué la Chancellerie fédérale à l'ats.

Démission du président de la BNS

En décembre dernier, M. Blocher avait informé Micheline Calmy- Rey, alors présidente de la Confédération, de transactions suspectes menées par Philipp Hildebrand et sa femme. Ces révélations avaient conduit à la démission du président de la Banque nationale suisse (BNS).

Une expertise effectuée par la suite a montré que les transactions en question n'étaient ni illégales ni ne violaient le règlement de la BNS.

L'UDC prend ses distances. Vice-président du parti, Guy Parmelin a indiqué à la radio publique RTS qu'il s'agissait d'une affaire entre la justice et M. Blocher. «L'UDC n'est pas impliquée». (ats)

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