Perquisitions dans les locaux de Swissfirst
Actualisé

Perquisitions dans les locaux de Swissfirst

Le Ministère public de Zurich a ordonné plusieurs perquisitions dans des locaux de la banque.

Les investigations ont permis de mettre en sûreté des preuves, ont annoncé jeudi les autorités judiciaires zurichoises.

Les perquisitions ont été menées par les polices cantonales de Zurich et de Zoug, a précisé le Ministère public dans un communiqué. Une procédure étant actuellement en cours, aucune autre information n'a été délivrée.

Les perquisitions sont intervenues dans le cadre de la procédure pénale à l'encontre du patron de Swissfirst, Thomas Matter, soupçonné notamment de gestion déloyale et de délit d'initié. Elles ont aussi été effectuées en relation avec les actions juridiques ouvertes contre les organes de plusieurs caisses de pension.

Poursuite des affaires

Le siège de la holding Swissfirst se trouve à Zoug, qui abrite également le département des produits dérivés. La banque est en revanche basée à Zurich, alors que les divisions banque d'investissement et gestion d'actifs sont à Küsnacht (ZH).

Selon Jörg Neef, porte-parole de Swissfirst, les perquisitions ont aussi bien eu lieu à Zurich qu'à Küsnacht. L'activité de la banque s'est poursuivie normalement dans la mesure où des copies de sécurité étaient disponibles.

Collaboration

Swissfirst a affirmé, dans un communiqué, sa volonté de pleinement collaborer avec la justice et son intérêt à ce que les faits soient totalement clarifiés. La banque est en outre convaincue qu'elle a agi en toute légalité.

La société n'a jusqu'à présent pas enregistré des grandes pertes de clients, a informé Jörg Neef. L'établissement rencontre toutefois des difficultés pour en attirer de nouveaux. «Il y des clients qui refléchissent sur le fait de savoir s'ils doivent s'engager avec Swissfirst, a-t-il indiqué.

De plus, aucun exode n'est à déplorer du côté du personnel. Quelques employés sont cependant partis, mais les principaux collaborateurs restent en place. Plusieurs contacts sont en cours quant à la vente possible annoncée la semaine passée. «Diverses banques ont déjà manifesté leur intérêt», a ajouté Jörg Neef.

Doutes sur la fusion

L'élément déclencheur de l'enquête a été la plainte déposée par Rume Hranov, gros actionnaire de Swissfirst, contre le patron de la banque Thomas Matter à l'automne 2005, concernant la fusion de Swissfirst avec la Bank am Bellevue.

Après cette fusion en septembre dernier, le titre Swissfirst s'est en effet fortement apprécié en Bourse, créant des soupçons de délits d'initiés. Thomas Matter est soupçonné d'avoir téléphoné à plusieurs caisses de pension pour convaincre les gérants de se défaire de leurs titres.

Les caisses auraient alors laissé échapper des gains potentiels d'au moins 20 millions de francs. Les dirigeants des deux banques auraient pour leur part vu leurs paquets d'actions gonfler de plusieurs dizaines de millions.

Le Ministère public de Zurich a de son côté ouvert une procédure fin juillet. La Commission fédérale des banques (CFB) enquête aussi sur la fusion. Les rebondissements dans l'affaire ont une nouvelle fois fait chuter l'action Swissfirst à la Bourse. Jeudi à la clôture, le titre reculait de 3,2 % à 76,25 francs.

(ats)

Ton opinion