Russie - Perquisitions et arrestations avant des manifestations pro-Navalny
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RussiePerquisitions et arrestations avant des manifestations pro-Navalny

Des perquisitions ont eu lieu dans une vingtaine de villes russes, mardi et mercredi, et la police a procédé à l’arrestation de plusieurs alliés de l’opposant russe.

Alexeï Navalny. 

Alexeï Navalny.

AFP

La police russe a perquisitionné, mercredi, des locaux liés à l’opposant emprisonné Alexeï Navalny, à Saint-Pétersbourg notamment, et arrêté plusieurs de ses alliés, ont annoncé ses collaborateurs avant des manifestations prévues en son soutien.

Selon l’avocat Vladimir Voronine sur Twitter, les policiers ont notamment arrêté Lioubov Sobol, figure du mouvement d’Alexeï Navalny qui est lui en grève de la faim et hospitalisé dans une colonie pénitentiaire. «Les flics ont lancé un plan d’interception et sorti Lioubov Sobol de son taxi. Selon elle, elle a été arrêtée par beaucoup de policiers en uniforme. Nous ne savons pas où ils l’emmènent», a-t-il écrit. La porte-parole d’Alexeï Navalny, Kira Iarmych, a également été arrêtée devant son immeuble, a indiqué sur Twitter, une autre avocate, Veronika Poliakova, dans un message partagé sur le compte de Kira Iarmych.

«Extrémistes»

Selon l’ONG spécialisée OVD-Info, des perquisitions ont aussi eu lieu dans au moins 20 villes russes, mardi et mercredi, dont Saint-Pétersbourg, la deuxième du pays où ont lieu d’ordinaire les plus grandes manifestations d’opposition après Moscou. Les manifestations prévues mercredi, en soutien à Alexeï Navalny, se déroulent le même jour que le grand discours annuel du président russe Vladimir Poutine, devant les deux chambres du Parlement.

Le ministère de l’Intérieur avait prévenu qu’il prendrait «toutes les mesures» nécessaires en réponse aux manifestations non autorisées. Le précédent mouvement de contestation, après l’arrestation en janvier d’Alexeï Navalny, avait donné lieu à plus de 11’000 arrestations. La semaine prochaine, un tribunal moscovite doit commencer l’examen d’une demande du parquet visant à classer comme «extrémistes» les organisations liées à l’opposant, ce qui exposerait tous leurs militants à de longues peines de prison.

Discours annuel de Poutine

Le président russe, qui doit s’exprimer à partir de midi, est attendu sur les tensions croissantes avec l’Occident autour du sort de son détracteur, hospitalisé en prison et mourant selon ses proches, mais aussi du déploiement militaire russe près de l’Ukraine et des relations délétères avec les Etats-Unis. Sur le plan domestique, la crise économique et sanitaire due au Covid-19 doit figurer en bonne place dans ce discours, d’autant que des législatives sont prévues en septembre.

Le mouvement d’Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis trois semaines pour dénoncer ses conditions de détention, a appelé à des manifestations à 19h locales. Plus d’une centaine de villes sont concernées, de Vladivostok (9h GMT) à Kaliningrad (17h GMT), en passant par Moscou, Saint-Pétersbourg et Vladimir (16h GMT), où l’opposant est incarcéré. «Il ne s’agit plus seulement de la liberté de Navalny, mais de sa vie», avait souligné samedi son allié Léonid Volkov.

Annonces attendues

«Poutine a vraiment déclaré la guerre, une guerre totale, contre ceux qui ne sont pas d’accord avec lui», a jugé dimanche Vladimir Milov, un proche d’Alexeï Navalny. Le discours annuel de Vladimir Poutine, devant notamment le Parlement, le gouvernement et les gouverneurs régionaux, est l’occasion de fixer ses priorités pour le pays. Il est peu probable qu’il y évoque le sort de son détracteur dont il ne prononce jamais le nom. Mais des annonces importantes y sont attendues. L’année dernière, Vladimir Poutine y avait esquissé une réforme constitutionnelle qui avait finalement abouti à un référendum lui donnant le droit de rester au Kremlin jusqu’en 2036.

En matière de politique étrangère, les chancelleries occidentales guetteront tout indice quant à ses intentions en Ukraine, aux frontières de laquelle plus de 100’000 soldats russes ont été massés ces dernières semaines. A Washington, Kiev et Bruxelles, on craint l’escalade militaire, estimant que Moscou pourrait bien préparer un prétexte pour entrer en Ukraine, comme en 2014 avec l’annexion de la Crimée. La Maison-Blanche voudra, elle, entendre Vladimir Poutine sur la relation bilatérale, au plus bas, et peut-être sur la proposition d’un sommet en terrain neutre cet été avec Joe Biden. Si chacun assure vouloir dialoguer, Moscou et Washington viennent aussi d’échanger de nouvelles volées de sanctions et d’expulsions croisées de diplomates.

Covid et élections

Sur le plan intérieur, Vladimir Poutine a indiqué que sa priorité serait la relance après une année de pandémie aux effets néfastes pour une économie anémique et un pouvoir d’achat en berne depuis de longues années. Il a dit, lors d’une réunion préparatoire de son discours, vouloir les meilleurs résultats «pour le développement de l’économie, le soutien aux entreprises, le soutien à la population». «Chaque rouble doit être utilisé de manière efficace», a-t-il souligné.

La thématique est d’autant plus importante, dans le contexte des législatives de l’automne. Si Vladimir Poutine reste populaire, son parti, réputé corrompu, ne l’est guère. Selon le baromètre de l’institut Levada de mars, les intentions de vote pour Russie Unie sont à 21%. Une impopularité sur laquelle Alexeï Navalny comptait justement s’appuyer.

(AFP)

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