Actualisé

Srebrenica«Personne n'aurait pu anticiper un génocide»

Les Pays-Bas se sont défendus en appel après avoir été jugés responsables de la mort de centaines de civils à Srebrenica.

1 / 31
Les juges du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux ont rejeté l'appel de Radovan Karadzic qui a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre. (3 avril 2019)

Les juges du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux ont rejeté l'appel de Radovan Karadzic qui a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre. (3 avril 2019)

Keystone/archive/photo d'illustration
L'ex-président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été condamné mercredi en appel à la prison à perpétuité. (Mercredi 20 mars 2019)

L'ex-président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été condamné mercredi en appel à la prison à perpétuité. (Mercredi 20 mars 2019)

AFP
Le chef des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a réclamé mardi l'annulation d'un rapport gouvernemental sur le génocide de Srebrenica en 1995. (14 août 2018)

Le chef des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a réclamé mardi l'annulation d'un rapport gouvernemental sur le génocide de Srebrenica en 1995. (14 août 2018)

Keystone/archive/photo d'illustration

L'Etat néerlandais, qui avait été jugé civilement responsable de la mort de centaines de musulmans à Srebrenica en 1995 pendant la guerre de Bosnie, s'est défendu jeudi en appel, arguant que «personne n'aurait pu anticiper un génocide».

«Personne n'aurait un jour pensé qu'un génocide était possible en Europe en 1995», a affirmé l'avocat de l'Etat, Bert-Jan Houtzagers, au début du procès d'une journée devant une cour d'appel de La Haye. La décision sera rendue ultérieurement.

En juillet 2014, le tribunal de première instance de La Haye avait décidé que les soldats néerlandais, sous mandat des Nations unies, n'auraient pas dû évacuer plus de 300 hommes bosniaques réfugiés dans leur base militaire près de Srebrenica, à Potocari. La Haye avait donc été jugée civilement responsable de ces morts.

8000 hommes et garçons tués

Les juges avaient toutefois débouté le reste de la requête des plaignantes, des mères et épouses de victimes, estimant que l'Etat ne pouvait être tenu responsable de la mort de l'ensemble des 8000 hommes et garçons assassinés en quelques jours de juillet 1995 par les troupes du général serbe de Bosnie, Ratko Mladic.

L'Etat, tout comme les familles des victimes, avaient interjeté appel.

Pour l'avocat de plusieurs familles, Marco Gerritsen, les Casques bleus «ont placé leur sécurité au-dessus de tout le reste». «Ils n'ont pas suivi les instructions des Nations unies, qui étaient de protéger la population civile», a-t-il ajouté.

Serbes responsables

La Haye, de son côté, assure que l'unique responsable de ce massacre, le pire commis en Europe depuis la deuxième Guerre mondiale et qualifié de génocide par la justice internationale, sont les troupes des Serbes de Bosnie.

«C'était une situation où les Serbes de Bosnie avaient le contrôle et le Dutchbat (le bataillon néerlandais) ne pouvait que l'orienter du mieux qu'il le pouvait», a ajouté M. Houtzagers.

En septembre 2013, les Pays-Bas étaient devenus le premier État tenu responsable des actes de ses propres soldats opérant sous le mandat des Nations unies.

«Une mission impossible»

Dans une affaire similaire, la justice néerlandaise avait estimé que l'État était responsable de la mort de trois Bosniaques à Srebrenica, eux aussi tués après avoir été chassés de la base militaire.

Plus d'une centaine de soldats néerlandais avaient indiqué fin septembre désirer également porter plainte contre l'Etat pour les avoir envoyés accomplir une «mission impossible».

La guerre de Bosnie a fait plus de 100'000 morts et environ 2 millions de réfugiés et de déplacés. Le procès de Ratko Mladic pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre est en cours devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!