Afghanistan - «Personne ne se soucie de nous, nous allons mourir lentement dans l’indifférence»
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Afghanistan«On ne se soucie pas de nous, nous allons mourir lentement dans l’indifférence»

Une jeune Afghane se fait l’une des porte-paroles d’un peuple à l’agonie, alors que les talibans ont repris le pouvoir du pays, ce dimanche.

Une vidéo déchirante d'une jeune Afghane exprimant son angoisse face à la façon dont le monde traite son pays est devenue virale.

Partagée par le Daily Mail, la vidéo de 45 secondes, qui a déjà recueilli plus de 1,6 million de vues, a été initialement postée sur Twitter par une militante des droits de l'homme, le 13 août. Si son identité n’est pour l’heure pas connue, la jeune fille est devenue l’un des visages du désespoir du peuple afghan.

«Nous ne comptons pas parce que nous sommes nés en Afghanistan. Je ne peux pas m'empêcher de pleurer. Personne ne se soucie de nous. Nous allons mourir lentement dans l'indifférence», explique-t-elle en larmes.

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Des ressortissants afghans bloqués à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, le 16 août 2021. 

Des ressortissants afghans bloqués à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, le 16 août 2021.

AFP
Des combattants talibans montent la garde au bord d'une route près de la place Zanbaq à Kaboul, le 16 août 2021,

Des combattants talibans montent la garde au bord d'une route près de la place Zanbaq à Kaboul, le 16 août 2021,

AFP
Des soldats américains sécurisent l'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021. 

Des soldats américains sécurisent l'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021.

AFP

Pays «hors de contrôle», ONU très inquiet

Le jour même de la publication de la vidéo, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avait déclaré que l'Afghanistan était «hors de contrôle» et que le conflit faisait «encore plus de victimes parmi les femmes et les enfants.»

Les droits durement acquis par les jeunes filles et femmes afghanes leur sont arrachés

António Guterres, secrétaire général des Nations unies

En outre, l’ex Premier ministre portugais s'est dit «profondément troublé par les premières indications selon lesquelles les talibans imposent de sévères restrictions aux droits de l'homme dans les zones qu'ils contrôlent, en ciblant particulièrement les femmes et les journalistes. Il est particulièrement horrifiant et déchirant de voir que les droits durement acquis par les jeunes filles et les femmes afghanes leur sont arrachés.»

Avenir plus qu’incertain

Il faut dire qu’avant 2001, les femmes afghanes n'étaient pas autorisées à travailler, à étudier ou à être traitées par des médecins masculins, à moins d'être accompagnées d'un chaperon masculin. Les personnes qui violaient ces lois sexistes étaient emprisonnées, fouettées en public, voire exécutées.

La communauté internationale avait finalement œuvré à l'ouverture d'écoles pour les filles et avait permis aux femmes de reprendre le travail après l'éviction des talibans du pouvoir, il y a de cela 20 ans.

Alors que les talibans sont redevenus, le 15 août, les maîtres de l’Afghanistan au terme d’une offensive fulgurante, l'avenir des femmes afghanes, et du peuple tout entier, est plus qu’incertain.

Femmes ôtées de l’espace public

Selon la Dépêche, l'ensemble des femmes devrait peu à peu disparaître de l'espace public. Le 15 août, de nombreux internautes sur place montraient que des images de femmes affichées dans l'espace public étaient retirées des rues de Kaboul, la capitale. Des images qui font craindre le pire à ceux qui redoutent le règne de la charia et de la terreur que vont imposer les talibans.

(szu)

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