Banques suisses: Perspectives de croissance favorables
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Banques suissesPerspectives de croissance favorables

La place bancaire helvétique affiche des perspectives de croissance favorables, selon une étude publiée par l'Association suisse des banquiers (ASB).

En pleine mutation, la place bancaire helvétique possède de réelles perspectives de croissance à moyen terme, malgré une certaine stagnation des affaires ces dernières années et les contraintes réglementaires. Le constat vaut en particulier pour l'activité de banque privée.

Le moteur de croissance constitué par le private banking permettra à la Suisse de défendre sa position de leader mondial dans le domaine d'ici à 2018, a indiqué l'Association suisse des banquiers (ASB) en présentant une étude réalisée avec The Boston Consulting Group (BCG). L'échéance correspond au moment où la Suisse vient de s'engager à passer à l'échange automatique d'informations.

L'étude présentée jeudi à Zurich s'intitule «Contribuer activement à la mutation - perspectives d'avenir pour la place bancaire suisse». Elle constitue une mise à jour de la mouture de 2011 appelée «Le secret bancaire est pleine mutation - perspectives d'avenir pour les banques en Suisse». La notion de secret bancaire a donc disparu.

Des atouts

La Suisse a d'autres atouts à faire valoir, comme sa monnaie forte ainsi que sa stabilité politique et économique. Outre la gestion de fortune, la gestion d'actifs (asset management) et la monnaie chinoise (renminbi) sont aussi des compétences à asseoir, a dit Claude-Alain Margelisch, président du comité exécutif de l'ASB.

Reste que le private banking est une activité historiquement solide. L'an dernier, il a généré près de la moitié des revenus bruts des banques en Suisse. «De loin, le principal pilier du secteur», la place helvétique demeurant le premier centre mondial pour les transactions transfrontalières (offshore), avec 2110 milliards.

Entre 2010 et 2013 toutefois, la banque privée s'est révélée peu dynamique, pénalisée par un environnement international marqué par la traque à l'évasion fiscale. Elle a ainsi pesé sur les revenus bruts réalisés par le secteur bancaire helvétique, ceux-ci ne croissant que de 1,1% par an en moyenne à 54,4 milliards de francs.

Des opportunités

Cette faiblesse relative, la période précédente affichait un taux de 1,8%, est intervenue malgré des évolutions positives sur les marchés des capitaux. De plus, l'érosion des marges a été en grande partie compensée par une hausse des volumes, selon l'étude, en particulier dans le segment des opérations avec la clientèle privée et les entreprises.

Les procédures de régularisation fiscale, lancées dans les Etats voisins de la Suisse, ont entraîné une évolution «faible» en Europe occidentale. Simultanément, les pays émergents, d'Asie notamment mais aussi d'Amérique latine et du Moyen-Orient, sont apparus comme les premiers contributeurs à la croissance du private banking.

Pour la suite, soit jusqu'en 2018, les experts du cabinet BCG croient dans les chances de développement de la place bancaire suisse. Le taux moyen annuel de hausse des revenus bruts devrait grimper à 2,5%. La situation sur le front des marges restera cependant très tendue, avancent-ils.

Réglementation et accès

Dans la banque privée, la Suisse devrait conserver la tête des centres transfrontaliers mondiaux. Mais, avec 3% en moyenne annuelle, elle présentera des taux de croissance en retrait par rapport à ceux de ses concurrents, en particulier Singapour et Hong Kong (respectivement 10% et 11%), à l'exception du Luxembourg ( 2%).

Claude-Alain Margelisch est par ailleurs revenu sur l'un des chevaux de bataille de l'ASB, celui de la lutte contre les excès de la réglementation. L'étude révèle ici une tendance à l'amélioration en termes d'incertitudes en la matière par rapport à 2010, grâce à une stabilisation du cadre normatif international.

Il n'empêche que le facteur normatif va accroître la pression sur les coûts, surtout pour les petites banques, a dit le Valaisan. Sans oublier que l'aménagement et l'application des différents textes à l'échelon national renforceront la différenciation entre places bancaires concurrentes.

Quant à l'accès accru aux marchés internationaux, tant souhaité par les banques, il constitue toujours la plus grande source d'incertitude. Un accord existe avec l'Allemagne et des espoirs avec la France depuis la récente visite en Suisse de son ministre des finances Michel Sapin, a rappelé Claude-Alain Margelisch. (ats)

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