Perte abyssale de l'UBS: des milliers d'emplois à la trappe

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Perte abyssale de l'UBS: des milliers d'emplois à la trappe

Embourbée dans la crise du crédit et essuyant comme attendu une perte abyssale de 11,535 milliards de francs au 1er trimestre, l'UBS va réduire la voilure.

D'ici mi-2009, la banque compte biffer près de 5500 emplois, dont 1500 en Suisse, sur un total de 83 800.

La perte nette du numéro un bancaire helvétique et premier gestionnaire de fortune mondial est en ligne avec le montant de quelque 12 milliards de francs dévoilé le 1er avril dernier, a relevé mardi le patron Marcel Rohner.

La débâcle reflète principalement les chiffres rouges vifs de la banque d'investissement à hauteur de 18,228 milliards. A fin mars 2007, l'UBS avait engrangé un bénéfice net trimestriel de 3,031 milliards.

Confronté à un début d'année difficile, l'établissement continue sa quête d'économies entamée au deuxième semestre 2007. Dans le cadre de la réduction d'effectif, l'UBS procède dans l'immédiat à une nouvelle coupe de 2600 postes dans sa division Investment Bank aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, après en avoir supprimé 1500 l'an passé.

Cette partie de la restructuration se fera essentiellement par le biais de licenciements, a précisé Marcel Rohner. A fin décembre 2008, la banque d'investissement devrait encore compter 19 000 collaborateurs.

Autres secteurs touchés

Dans les autres activités, UBS supprimera 2900 postes d'ici mi-2009 si les conditions de marché ne changent pas, a averti M. Rohner. La majeure partie de ce 2e volet de la restructuration interviendra le cas échéant par le biais des fluctuations naturelles, mais des licenciements ne pourront être évités.

Etonnée «que les employés de la banque en Suisse doivent subir les conséquences de fautes commises sur un autre continent», l'Association suisse des employés de banque (ASEB) a demandé l'élaboration d'un vaste plan social pour les collaborateurs concernés.

Conséquence de l'agitation des marchés et des répercusssions de la crise sur la réputation de l'UBS, l'établissement a vu sa clientèle, en particulier les investisseurs institutionnels, lui retirer des fonds. De janvier à mars, les sorties d'argent ont atteint 12,8 milliards de francs, alors qu'un an auparavant la banque avait vu affluer des nouveaux avoirs pour 52,8 milliards.

Seules les activités internationales de gestion de fortune ont enregistré un afflux d'argent frais, qui s'est monté à 5,6 milliards de francs. L'unité suisse Business Banking Switzerland a subi un reflux de 1,9 milliard et celle active dans la gestion institutionnelle (Global Asset Management) des sorties de 16,5 milliards.

Analystes décus

L'ampleur de ces retraits a de manière générale déçu les analystes. Certains spécialistes ont également jugé insuffisantes les mesures de reduction des coûts, se basant sur le fait que des concurrents de l'UBS ont réduit leur effectif de 10%.

A la Bourse suisse, la sanction ne s'est pas fait attendre, le titre plongeant vers 12 h 30 de 4,88% à 35,08 francs, dans un marché en net repli.

Exposition réduite

Conformément aux attentes, l'activité revenu fixe, changes et matières premières (FICC) de la banque d'investissement a encore souffert des pertes réalisées sur le marché hypothécaire américain et des positions de crédit structuré. L'UBS n'en n'a pas moins réduit de manière significative son exposition depuis le 3e trimestre 2007, a relevé M. Rohner.

A fin mars, les positions nettes liées à des hypothèques à risques «subprime» se montaient à 15,6 milliards de dollars, contre 27,6 milliards trois mois auparavant. Celles adossées à des hypothèques Alt-A ont reculé de 36,7 à 17,1 milliards de dollars.

Par ailleurs, M. Rohner a confirmé la signature d'un accord avec le gestionnaire d'actifs institutionnels BlackRock. L'UBS lui cédera des engagements liés à des hypothèques pour 15 milliards de dollars.

Flou

Evoquant un retour à la rentabilité pour l'établissement, M. Rohner est resté vague, ne souhaitant indiquer si le renversement de tendance interviendrait cette année ou en 2009. «Même si le pire semble derrière, de grands défis attendent encore l'UBS», a-t-il commenté. (ats)

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