Perte abyssale de l'UBS: les clients oscillent entre ras-le-bol et confiance

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Perte abyssale de l'UBS: les clients oscillent entre ras-le-bol et confiance

Avec plus de 11 milliards de francs de perte au 1er trimestre, l'UBS s'embourbe dans la crise. Si certains petits épargnants gardent leur confiance dans la banque, d'autres pensent retirer leur argent.

La crise qui secoue l'UBS est sans fin. Aujourd'hui, la banque annonce une perte de 11,535 milliards de francs au 1er trimestre. Et d'ici mi-2009, l'établissement va supprimer près de 5500 emplois, dont 1500 en Suisse, sur un total de 83'800.

A cette mauvaise nouvelle s'ajoute un courrier reçu aujourd'hui par l'UBS à ses clients. Comme pour les rassurer. «Nous vous remercions de votre fidélité en ces temps difficiles… Votre confiance est essentielle». En substance la banque explique sa situation et comment elle compte y remédier. L'UBS accepte «les craintes et la déception» qu'elle a pu causer à ses épargnants.

«Je ne suis pas inquiète»

Parmi les clients de la succursale UBS des Portes St-François à Lausanne, tous ne s'avouent pas spécialement inquiets par la situation actuelle de la grande banque suisse. «J'ai plusieurs comptes privés et je ne vais rien changer», note Madame de Freitas. «Je ne suis pas du tout inquiète et je garde toute ma confiance dans la banque. Je ne crois pas que cette crise nous touchera ici en Suisse. C'est avant tout une situation qui concerne les Etats-Unis».

«Je vais fermer mon compte»

Un point de vue que ne partage pas du tout Christophe Moudon, un autre client de l'UBS. «J'ai entendu à la radio qu'après les pertes, la banque veut supprimer des postes de travail. Ce serait plutôt aux grands dirigeants de payer pour les mauvais résultats. J'ai un compte que je veux clôturer. Je n'ai plus du tout confiance dans cette banque. A mon avis, il est préférable d'avoir plusieurs comptes dans plusieurs banques. Plus les banquiers brassent d'argent, moins ils sont proches de leurs clients. Je repasserai après pour fermer le compte que je partage avec ma sœur.»

«Il faut faire attention»

Juan José Herguedas, retraité, n'est pas rassuré. «Je m'inquiète oui. Un jour peut-être que lorsque je viendrais retirer mon salaire AVS, il n'y aura plus d'argent. Avec les milliards que la banque a perdus, on ne sait jamais. Il faut faire attention parce que c'est une banque privée et pas nationale. Les choses vont mal partout. La banque possède des succursales dans le monde entier. Et si demain elles ferment, qu'est-ce qu'il va arriver?»

Mais tous ne sombrent pas dans un tel pessimisme. Lina Eichler, jeune photographe, a bien reçu un courrier de l'UBS ce matin, courrier qu'elle a parcouru d'un œil distrait. Cette petite épargnante garde toute sa confiance dans la direction de la banque. «Je ne suis pas vraiment inquiète parce que je n'ai pas autant d'argent que cela. Avec la situation actuelle sur les marchés, notamment aux Etats-Unis, c'est normal que cela soit difficile pour une banque internationale comme l'UBS. Mais elle va se remettre bientôt sur les bons rails.»

Catia Puce abonde dans le même sens: «Je ne suis pas spécialement inquiète, aussi parce que je n'ai pas un rapport très poussé à l'argent. Et de toute façon, la crise est partout et ne concerne pas seulement la banque. Et cette crise, ça touche davantage ceux qui placent de l'argent.»

Pour Sandra Vitiello, « l'UBS a de petits soucis. Je ne m'en inquiète pas plus que ça. Pour moi, c'est impossible qu'une banque fasse faillite. Il y aura toujours quelqu'un qui va venir pour donner un coup de pouce magique. Ca va rentrer dans l'ordre. Aujourd'hui, c'est l'UBS. Demain ce sera au tour d'une autre banque.»

Didier Bender

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