Credit Suisse: Perte de 637 millions au 4e trimestre
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Credit SuissePerte de 637 millions au 4e trimestre

Le Credit Suisse a inscrit une perte nette de 637 millions de francs au quatrième trimestre 2011, contre 841 millions de bénéfice fin 2010.

Credit Suisse a souffert de l'agitation des marchés et vu son bénéfice net chuter l'an passé de 62% à 1,95 milliard de francs. Terminant l'exercice sur une perte imprévue au quatrième trimestre, la performance du numéro deux bancaire helvétique a déçu toutes les attentes.

Sur le seul quatrième trimestre, la perte nette s'est inscrite à 637 millions de francs. «Notre performance au quatrième trimestre 2011 a été décevante», a reconnu jeudi à Zurich le patron de l'établissement, Brady Dougan.

Les analystes interrogés par l'agence financière AWP ne s'attendaient pas à ces chiffres rouges, eux qui tablaient en moyenne sur un résultat net positif de 339 millions de francs. Un an plus tôt, la banque avait engrangé un bénéfice de 841 millions, puis de 683 millions de juillet à fin septembre derniers.

Les spécialistes ont exprimé leur mécontentement, qualifiant de faibles, voire désastreux, les résultats dévoilés jeudi. Pour l'ensemble de l'année, ils escomptaient en moyenne un bénéfice net de 3 milliards de francs.

Poids des restructurations

Eux aussi visiblement déçus, les investisseurs n'ont probablement pas non plus goûté la baisse du dividende de 1,30 franc à 75 centimes. Vers 15h00 à la Bourse suisse, le titre Credit Suisse abandonnait 1,9% à 24,76 francs, non sans avoir lâché 3,33% en début de séance.

Outre des marchés défavorables, avec pour corollaire une activité réduite des clients, la grande banque a souffert de l'appréciation du franc. De plus, les évolutions intervenues sur le plan réglementaire et le redimensionnement des affaires ont entraîné des des charges exceptionnelles de 981 millions de francs.

Pour mémoire, Credit Suisse a annoncé en juillet et en novembre des mesures de restructuration, dont notamment la suppression de quelque 3500 emplois dans le monde. A ce jour, 2000 postes ont déjà été rayés.

Dans un contexte des plus incertains, le groupe a accéléré la mise en oeuvre des mesures visant à diminuer les risques et les coûts. Credit Suisse entend réduire ses actifs pondérés des risques de 80 milliards de francs à l'issue du premier trimestre déjà, soit bien avant la fin 2012, comme initialement prévu.

Mise en conformité précoce

Un système de rémunération variable introduit en début d'année viendra absorber une partie de ces actifs toxiques. L'opération vise en fait à transférer une part des risques aux cadres.

Cette conformité précoce aux exigences de Bâle III constitue «un choix stratégique, a déclaré Brady Dougan. Nous sommes convaincus qu'il en coûterait beaucoup plus d'attendre».

Le programme de réduction des coûts de 2 milliards de francs doit s'achever fin 2013. Les coûts et les résultats devraient refléter la diminution de 1,2 milliard dès le premier trimestre de l'exercice en cours.

Dans cette phase de transition, la banque d'affaires, Investment Banking, a tout particulièrement souffert, essuyant une perte trimestrielle avant impôts de 1,3 milliard de francs, contre un résultat positif à hauteur de 558 millions un an auparavant. Le bénéfice annuel avant impôts s'est, lui, effondré de 98% à 79 millions.

L'unité de gestion de fortune, Private Banking, a elle aussi rencontré des difficultés, son bénéfice avant impôts chutant de près de moitié au quatrième trimestre à 467 millions de francs. Sur l'année entière, elle a dégagé un résultat avant impôts de 2,35 milliards, en chute de 31%.

Optimisme modéré

Si les activités de gestion de fortune ont subi l'appréciation du franc, elles ont néanmoins enregistré un afflux net de capitaux de 44,5 milliards de francs l'an passé. Un montant qui a dépassé les 40,9 milliards affichés pour l'ensemble du groupe.

Les actionnaires ne sont pas les seuls à devoir se serrer la ceinture. L'établissement a réduit de 41% les bonus des collaborateurs et de 57% pour les membres de la direction générale.

Evoquant l'année en cours, Brady Dougan n'a pas caché que le marché et l'environnement économique demeuraient incertains. Il s'est dit «encouragé» par le bon démarrage des affaires de l'établissement, «avec depuis le début de l'année un rendement des fonds propres ajustés conforme à notre objectif de 15%». (ats)

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