Neuchâtel: Pesticides traqués dans du miel venu du monde entier
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NeuchâtelPesticides traqués dans du miel venu du monde entier

L'Université a analysé 198 échantillons de tous les continents. Une première mondiale qui a été publiée dans la revue «Science».

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Les scientifiques neuchâtelois ont étudié le miel de 2015 à 2016.

Les scientifiques neuchâtelois ont étudié le miel de 2015 à 2016.

Guillaume Perret

Il y avait des études locales sur la présence de pesticides dans les denrées alimentaires. Pour le miel, il manquait l'analyse globale intégrant une échelle mondiale. C'est ce que vient de réussir l'Université de Neuchâtel, en collaboration avec le Jardin botanique.

Entre 2015 et 2016, les scientifiques neuchâtelois ont analysé 198 échantillons de miel provenant du monde entier. «La recherche a montré que trois quarts des produits contiennent des néonicotinoïdes, pesticides connus pour leur rôle dans le déclin des abeilles», révèle Alexandre Aebi, de l'Institut de biologie.

Cette première étude mondiale a suscité l'intérêt de la prestigieuse revue «Science», qui vient de la publier. Les échantillons nord-américains (86%), asiatiques (80%) et européens (79%) étaient contaminés. Pour l'Amérique du Sud, ce taux est de 57%. Même si les concentrations sont inférieures aux normes autorisées pour la consommation, l'inquiétude est là.

Quels risques ce cocktail de substances toxiques représente-t-il pour l'homme et pour l'abeille? «En Suisse, plus de 350 pesticides de synthèse sont utilisés. Ils peuvent se dégrader en des composés plus nombreux. Toute étude complète est illusoire», commente Edward Mitchell, du Laboratoire de biodiversité du sol.

Science citoyenne

En 2013, le Jardin botanique de Neuchâtel a invité les citoyens se rendant à l'étranger à ramener un pot de miel. Depuis, il est devenu un des plus grands collectionneurs au monde de ce nectar. «Aujourd'hui, nous avons plus de 400 échantillons venant du Sénégal à Hawaï, de la France à l'Indonésie», se réjouit son directeur, Blaise Mulhauser. Pour la communauté scientifique mondiale, cette importante collection est devenue de l'or.

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