Actualisé 29.09.2016 à 21:34

Aviation

Pétages de plombs en vol de plus en plus fréquents

Le lobby des compagnies recense des incidents en hausse de 17%. En cause: alcool, contrôles, stress et cabines surpeuplées.

de
Arnaud Gallay
Possible facteur de stress et de violence: la densité de passagers dans les avions ne cesse daugmenter.

Possible facteur de stress et de violence: la densité de passagers dans les avions ne cesse daugmenter.

photo: Keystone

Bagarres, cuites et crises de nerf sont un facteur de plus en plus préoccupant pour les compagnies. Selon l'IATA, leur principale association, le nombre d'incidents impliquant des passagers indisciplinés a bondi de 17% l'an dernier dans le monde. On en a compté 10'854, contre 9316 en 2014. Cela représente un clash tous les 1205 vols, souligne un rapport présenté mercredi en marge de l'assemblée générale de l'OACI, l'agence de l'ONU chargée de l'aviation civile, à Montréal (Can).

Ces incidents sont considérés comme mettant en péril la sécurité de l'avion. «Des comportements qui peuvent être acceptables au sol prennent un tour totalement différent dans le ciel», rappelle Tom Colehan, de l'IATA, dans les pages de «The Guardian». Ils représentent surtout un coût considérable: le changement d'itinéraire d'un vol long-courrier à cause d'un passager rebelle coûte en moyenne 200'000 francs.

Enterrements de vie de garçon montrés du doigt

Comment expliquer ce phénomène? L'IATA évoque notamment des «frustrations» portant sur les mesures de sécurité draconiennes imposées aux voyageurs aériens. Par ailleurs, une chose est sûre: alcool et drogue sont en cause dans 23% des cas. Aussi l'association tente-t-elle d'obtenir des aéroports le signalement des passagers ivres avant leur accès aux portes d'embarquement. Au Royaume-Uni, où les épisodes d'«air rage» ont quadruplé en trois ans, les enterrements de vie de garçon et autres escapades arrosées en avion low-cost, sont souvent montrés du doigt. «Ils se croient dans un club ou un bar. On va finir par devoir engager des videurs», ironise Dan Air, une hôtesse-blogueuse.

«Le fait que l'on vende de l'alcool dans les aéroports et dans les avions, ce n'est pas nouveau, tempère Charlie Leocha, président d'un groupe de défense des voyageurs. Ce qui a changé, c'est qu'on n'a jamais serré autant de gens dans les avions.» La distance moyenne entre les sièges ne cesse de se réduire. Certaines compagnies ne laissent plus à leurs clients que 70cm. Fin 2015, un atterrissage d'urgence à Los Angeles avait été provoqué par une bagarre entre un homme et sa voisine de devant. Elle avait eu l'audace de baisser le dossier de son siège. De nombreux transporteurs ont résolu le problème en optant pour des fauteuils… non-inclinables.

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