CURLING - Peter De Cruz: «On a l’impression d’avoir pris des baffes»
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CURLINGPeter De Cruz: «On a l’impression d’avoir pris des baffes»

Le skip de l’équipe de Suisse, qualifiée in extremis pour les quarts de finale des Mondiaux (samedi vers 23h face aux Etats-Unis), revient sur le petit miracle de vendredi à Calgary.

par
Simon Meier
Peter De Cruz et ses coéquipiers sont passés par tous les états d’âme, vendredi à Calgary.

Peter De Cruz et ses coéquipiers sont passés par tous les états d’âme, vendredi à Calgary.

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L’équipe de Suisse, victorieuse de la Chine (9-4) vendredi aux Mondiaux de Calgary, devait compter sur une défaite de la Norvège contre l’Ecosse pour terminer sixième du Round Robin et décrocher un double bonheur: la qualification pour les quarts de finale et le sésame pour les JO 2022 de Pékin. L’ennui, c’est que la Norvège menait 5 à 2 après sept ends, au moment où le match de la Suisse s’est terminé. Avant qu’un petit miracle n’ait lieu (7-6 pour l’Ecosse). Peter de Cruz, le skip genevois de la Suisse, revient sur un sacré tourbillon émotionnel.

Peter De Cruz, avez-vous eu le temps d’atterrir, après tant d’émotions?

Je ne sais pas trop. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis très fatigué, après cette journée très particulière. Depuis deux ou trois jours déjà, c’était très bizarre, suite à notre défaite contre le Danemark, parce qu’on pensait être éliminés. Mais on a fait le nécessaire pour revenir, comme aujourd’hui (ndlr: vendredi) en battant la Chine. Ensuite, on a eu un peu de réussite. Mais je considère que dans l’ensemble, notre qualification est méritée.

«Franchement, j’étais persuadé que c’était perdu, j’ai dit qu’on pouvait commencer les interviews.»

Peter De Cruz

Lorsque votre partie contre la Chine s’est terminée, la Norvège, qui devait perdre pour que vous soyez qualifiés, menait 5 à 2 après sept ends contre l’Ecosse. Honnêtement, à quoi pensiez-vous?

Franchement, j’étais persuadé que c’était perdu, je ne voyais pas l’Ecosse revenir. Quand on m’a demandé si on attendait ou pas pour faire les interviews, j’ai dit qu’on pouvait commencer, que c’était fini.

Une demi-heure plus tard, l’Ecosse avait renversé la vapeur et vous étiez en quart de finale. Avez-vous suivi la rencontre depuis le bord de la glace, pour envoyer des ondes?

Non, j’ai regardé la fin du match sur un écran dans les vestiaires - d’autres ont préféré ne pas voir, ils étaient trop stressés. Les Norvégiens, qui avaient déjà eu deux ou trois opportunités d’assurer leur qualification ces derniers jours, ont craqué. Ça doit être dur pour eux.

Pour vous, en revanche, c’est un magnifique double bonheur, avec la qualification olympique à la clé?

Pour nous, il n’y a pour l’instant qu’un seul bonheur: la qualification pour les quarts de finale des Championnats du monde. En ce qui concerne les Jeux olympiques, nous avons qualifié la nation, pas l’équipe. Si nous atteignons la finale de ces Mondiaux, nous obtiendrons directement notre billet pour Pékin 2022. Sinon, nous devrons sans doute passer par un tournoi de qualification.

«En ce qui concerne les Jeux olympiques, nous avons qualifié la nation, pas l’équipe.»

Peter De Cruz

Si ça se trouve, vous jouerez votre quart de finale dans quelques heures. Comment se remobiliser, alors que vous sortez à peu près d’une lessiveuse émotionnelle?

C’est exactement ça, on a l’impression d’avoir pris des baffes. La première chose, c’est que j’ai besoin d’une bonne petite sieste. Parce que nous saurons après les matches de 14h (ndlr: 22h en Suisse) si nous jouons notre quart de finale ce soir à 19h à Calgary (3h du matin dans la nuit de vendredi à samedi) ou demain matin (samedi après-midi). Nous attendons aussi de savoir si nous affrontons les Etats-Unis ou le Canada (ndlr: la Suisse affrontera les Etats-Unis samedi vers 23h, heure suisse).

Avez-vous une préférence?

Nous avons perdu notre rencontre contre les Etats-Unis et gagné celle contre le Canada. Mais sur le papier, le Canada est sans doute un peu supérieur. Donc c’est vraiment du 50-50. En tout cas, cela ne changera pas notre façon de jouer. Maintenant, il va falloir faire redescendre très vite les émotions et garder la tête froide. On va expérimenter ça même si on a déjà connu pas mal de choses, à commencer par un match pour le bronze olympique au lendemain matin d’une défaite en demi-finale.

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