Actualisé 12.08.2008 à 19:33

ubsPeter Kurer fait le ménage

Le président de l'UBS Peter Kurer commence à faire le ménage au moment où la première banque suisse, engluée dans la crise du crédit, affiche encore des pertes.

En poste depuis une centaine de jours, il sonne le glas du modèle de banque intégrée cher à son prédécesseur Marcel Ospel.

L'établissement a essuyé une perte nette de 358 millions de francs au 2e trimestre, contre un bénéfice net record de 5,55 milliards au terme de la même période de l'an passé. L'UBS boucle ainsi le 1er semestre 2008 dans le rouge à hauteur de 11,89 milliards, après un bénéfice de 8,58 milliards à fin juin 2007.

La situation est «clairement insatisfaisante», a indiqué mardi Peter Kurer. Elle reflète les pertes réalisées et non réalisées de 5,1 milliards de dollars (5,5 milliards de francs) sur des positions «héritées du passé», en lien avec l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis et d'autres positions de crédit. Depuis la début de la crise, les dépréciations atteignent 42 milliards de dollars.

La perte reflète aussi la constitution d'une provision de 900 millions de dollars pour les obligations municipales (ARS/auction rate securities) aux Etats-Unis, afin de régler des litiges. L'UBS a tout de même pu limiter la casse à la faveur d'un crédit d'impôts de 3,829 milliards de francs suite aux pertes accumulées ces derniers mois.

Confiance ébranlée

Mais l'établissement n'en continue pas moins d'affronter une véritable crise de confiance, celui-ci ayant encore perdu des clients, notamment en Suisse. Au total, les sorties d'argent frais ont culminé à 43,8 milliards de francs, alors qu'il y a un an encore l'afflux se chiffrait à 34 milliards.

Rappelant à Zurich les promesses faites lors de son élection, Peter Kurer a annoncé un repositionnement de la grande banque, avec une scission en trois unités autonomes, dotées d'un pouvoir et d'une responsabilité accrus. La mesure vise à donner davantage de souplesse afin de sortir des difficultés.

Peter Kurer a néanmoins écarté des cessions d'activités, alors que certains spécialistes évoquaient une vente de la banque d'affaires. Des collaborations, coentreprises ou autres partenariats ne sont en revanche pas exclus.

Ce changement de modèle économique s'appuie sur un programme en sept axes, dont la réalisation devrait être sous toit d'ici fin 2009. L'opération interviendra sans la contribution du chef des finances du groupe, Marco Suter, qui sera remplacé le 1er septembre par John Cryan.

Bruno Gehrig arrive

Dans la foulée l'UBS a dévoilé l'identité des quatre nouveaux administrateurs qu'elle proposera à l'assemblée générale extraordinaire du 2 octobre. Parmi eux figure Bruno Gehrig, président de l'assureur Swiss Life et ancien vice-président de la Banque nationale suisse.

Côté prévisions, l'UBS n'entrevoit toujours pas d'amélioration, observant que la mauvaise situation sur les marchés financiers perdure. Les réductions d'effectifs vont se poursuivre, en conformité avec le plan dévoilé en mai portant sur 5500 suppressions d'emplois, dont 1500 en Suisse.

Entre fin mars et fin juin, le nombre d'emplois total a été réduit de 2387 à 81 452. L'essentiel des suppressions est survenu dans la banque d'affaires (Investment Bank), la plus touchée par la crise, qui a accusé une perte avant impôts de 5,23 milliards de francs, contre un bénéfice de 1,66 milliard un an auparavant.

A la faveur de la restructuration, les charges d'exploitation ont diminué de 18% sur un an, à 8,11 milliards de francs. Autre évolution favorable soulignée par les responsables de l'UBS: la réduction de l'exposition aux crédits à risques. Celle-ci est passée de 72,8 à 48,2 milliards, selon les analystes.

Titre en hausse

A la Bourse suisse, l'action UBS déjà fortement secouée ces dernières semaines a connu une journée agitée après l'annonce de ces résultats et perspectives. A l'ouverture, le titre perdait 3,2% par rapport à la clôture de lundi, pour rebondir et gagner jusqu'à 3,8% une heure plus tard. A l'issue de la séance, il avait toutefois replongé, cédant 2,4% à 22,62 francs, dans un marché SMI lui-même en baisse de 0,5%.

continuait de s'apprécier après la mi-séance (jusqu'à près de 4%), non sans avoir entamé la journée en net repli, la perte nette dépassant les attentes. Vers 14h30, le titre gagnait 1,4% par rapport à la clôture de la veille à 23,50 francs, dans un marché (SMI) stable.

(ats)

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