Petit tremplin: Malysz en or, Ammann en argent
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Petit tremplin: Malysz en or, Ammann en argent

Simon Ammann a encore brillé mais a trouvé plus fort que lui sur le petit tremplin des Mondiaux de Sapporo. Le Polonais Adam Malysz a survolé l'épreuve pour s'imposer avec plus de 20 points d'avance sur le Saint-Gallois.

Ce dernier n'en est pas moins devenu le grand homme de ces joutes en ajoutant l'argent à sa médaille d'or obtenue au grand tremplin une semaine plus tôt.

Adam Malysz a pris ses distances dès la première manche, où il fut le seul à dépasser les 100 m (102). Loin d'assurer, il est encore monté plus haut et a sauté plus loin que tout le monde (99,5) à son deuxième passage, pour remporter son quatrième titre mondial. Le Polonais de 29 ans avait déjà été sacré au petit tremplin à Lahti en 2001, avant de réussir le doublé petit et grand tremplin en 2003 à Val di Fiemme.

Il fallait bien un Malysz d'exception pour empêcher Simon Ammann de réaliser un nouveau doublé, cinq ans après ses deux titres olympiques à Salt Lake City. Sur un type de tremplin qui n'est pas sa tasse de thé, le Saint-Gallois a fait valoir son formidable relâchement pour glaner l'argent aux dépens de l'Autrichien Thomas Morgenstern, champion olympique au grand tremplin, devancé d'un petit point.

«Semaine extraordinaire»

«Je suis très content d'avoir confirmé mon titre sur grand tremplin, c'est une grande satisfaction», se félicitait le Saint- Gallois. Avec ces deux médailles, je suis le meilleur sauteur du championnat. J'ai eu plus de difficultés que sur le grand tremplin, car je volais moins bien sur ce petit tremplin, il y avait moins de pression.»

De fait, Ammann, contrairement à Malysz ou à Janne Ahonen, n'est pas un spécialiste du petit tremplin, où son relatif manque d'explositivé lors de l'impulsion le désavantage. Mais l'homme- oiseau du Toggenbourg a prouvé qu'il savait se sublimer lors des tout grands rendez-vous. Quitte à escamoter son télémark comme lors du premier saut (96,5 m), où les juges se sont montrés relativement indulgents.

«Ma semaine a été extraordinaire. On m'a souvent demandé si je pensais pouvoir remporter deux médailles d'or comme j'avais pu le faire à Salt Lake City en 2002, mais j'ai aussi souvent répondu que c'était incomparable», déclarait Ammann, tout à sa joie.

Son ami Andreas Küttel a été moins heureux. Excellent deuxième de la 1re manche, le Schwytzois à rétrogradé au 5e rang, la même place qu'aux JO de Turin, manquant une belle occasion de décrocher sa première médaille mondiale. Reste que Küttel a bien réagi après sa très décevante 19e place au grand tremplin.

Grand retour de Malysz

Pour Malysz, ce titre confirme un retour au plus haut niveau après trois hivers difficiles: le Polonais s'est imposé à trois reprises en Coupe du monde cette saison et pointe au 3e rang mondial.

Surnommé «Flying Moustache», Malysz avait dominé le saut à skis au début des années 2000 avec trois victoires au classement général de la Coupe du monde (2001, 2002, 2003) et trois titres mondiaux, deux en 2003 et un sur petit tremplin en 2001.

En revanche, le Norvégien Anders Jacobsen et l'Autrichien Gregor Schlierenzauer n'ont à nouveau pas justifié leur statut de nouvelles terreurs de la Coupe du monde. Jacobsen, numéro un mondial, a fini 7e et Schlierenzauer 8e.

Cette saison, je suis bien revenu. Ma carrière est déjà très longue et après Turin (7e au petit tremplin, 14e au grand), je me suis vraiment demandé si je continuais ou pas: la fédération a nommé un nouvel entraîneur et j'ai eu quelques craintes au début, mais le discours du nouveau responsable m'a plu. Il m'a juste dit: 'fais-toi plaisir' et 'fais des sauts propres' et cela m'a bien réussi.»

(si)

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