AUSTIN-HEALEY SPRITE: Petite par la taille, mais grande par le plaisir qu’elle procure
Daniel Reinhard / www.zwischengas.com
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AUSTIN-HEALEY SPRITEPetite par la taille, mais grande par le plaisir qu’elle procure

Difficile de croire que les propriétaires de l’époque cherchaient à l’équiper d’un capot moderne et renonçaient à ses yeux de grenouille, car c’est précisément ce qui est convoité aujourd’hui.

par
Bruno von Rotz

À la fin des années 1950, les voitures de sport bon marché étaient une denrée rare et BMC (la British Motor Corporation) l’avait bien compris. Pour combler ce vide, le constructeur a une nouvelle fois fait appel à Donald Healey, donnant ainsi naissance à l’Austin-Healey Sprite, un roadster qui, aujourd’hui encore, est extrêmement populaire et compte de nombreux fans.

Le 19 mai 1958, le petit «lutin» (qui est la traduction française de «sprite») a été présenté au Kursaal de Berne, juste avant sa première mondiale à Monaco. Le véhicule a rapidement donné lieu à des pages de couverture dans la presse. Après tout, les médias n’avaient pas tous les jours une toute nouvelle voiture de sport à se mettre sous la dent.

N’est-elle pas mignonne, la petite Austin-Healey Sprite? Pendant trois ans, elle a été construite avec ses «yeux de grenouille».

N’est-elle pas mignonne, la petite Austin-Healey Sprite? Pendant trois ans, elle a été construite avec ses «yeux de grenouille».

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On dirait qu’elle avait été spécialement construite pour les étroites routes de campagne. Pas besoin d’avoir peur qu’un vélo ne puisse plus passer.

On dirait qu’elle avait été spécialement construite pour les étroites routes de campagne. Pas besoin d’avoir peur qu’un vélo ne puisse plus passer.

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Vu son faible poids, 40 ch suffisent pour procurer une sensation de conduite sportive.

Vu son faible poids, 40 ch suffisent pour procurer une sensation de conduite sportive.

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Simple et robuste

La Sprite est née de l’initiative de John Lord, le directeur de BMC. Par souci d’économie, le cahier des charges stipulait qu’elle devait d’être compacte et simple à construire. Avec un empattement de 232 cm, une longueur de 337 cm et une largeur de 135 cm pour une hauteur de 126 cm, le moindre espace était judicieusement pensé. Après tout, elle devait pouvoir transporter deux personnes adultes avec quelques bagages.

Hérité de l’Austin A35, le moteur quatre cylindres refroidi par eau, doté de deux carburateurs SU, était logé sous le capot, qui était entièrement rabattable jusqu’au pare-brise. La puissance de 42,5 chevaux était transmise aux roues arrière par une boîte de vitesses à quatre rapports et un arbre à cardan. En parfait roadster, les vitres latérales n’étaient remontées que par mauvais temps et la capote souple avait des éléments en plastique et était indépendante de l’arceau.

Grâce à une carrosserie largement autoportante, le poids a pu être réduit au maximum, affichant 597 kg (à sec). Cela lui a permis de bénéficier de bonnes performances de conduite, de quoi garder à distance une VW Coccinelle ou une Renault 4 CH.

À 7850 francs, la petite voiture de sport affichait un prix relativement bas, grâce à la production technologique à grande échelle.

Le minimalisme avec une valeur ajoutée

Mais une personne de 1,83 m rentre-t-elle au juste dans une voiture qui ne fait qu’environ 3,3 m de long et 1,35 m de large? Sans problème! L’intérieur est même plus spacieux que ce que l’on pourrait imaginer, vu son petit gabarit. Après avoir tourné la clé de contact avec la main droite, on laisse le moteur faire son travail en tirant légèrement sur le starter. Évidemment, le quatre cylindres n’est pas des plus silencieux, mais le vrombissement naturel de la petite voiture de sport lui va comme un gant.

La boîte en H à quatre vitesses n’a rien de mystérieux, la première se passe uniquement à l’arrêt ou en remettant un peu les gaz et la boîte n’effectue pas toujours son travail de manière totalement silencieuse. Cependant, la conduite ne pose guère de problème et la direction très directe rend le petit roadster incroyablement maniable. La vue par-dessus le capot est une véritable expérience et rien ne vient entraver la vue panoramique lorsque le toit est rabattu.

Nous avons rarement pris autant de plaisir à conduire une si petite voiture et c’était en partie également dû aux sourires quasi systématiques que la Sprite, avec ses yeux de grenouille, déclenchait auprès des passant(e)s à leur approche. Il est donc difficile aujourd’hui de comprendre pourquoi ceux qui en étaient propriétaires dans les années 1960 tenaient absolument à remplacer le capot et à faire disparaître les yeux de grenouille. Aujourd’hui, ce sont justement les exemplaires de la première heure, qui n’ont été produits que pendant trois ans, qui atteignent les meilleures estimations, dont le prix peut facilement être quatre fois plus élevé que le prix d’origine pour des modèles en parfait état de conservation. Et il suffit de jeter un coup d’œil au-dessus du capot pour en comprendre la raison.

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