Mendicité - GE: Pétition pour abolir la loi sur les mendiants
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Mendicité - GEPétition pour abolir la loi sur les mendiants

Une pétition pour mettre fin à la criminalisation des mendiants dans les rues genevoises a été lancé par un collectif jeudi.

A Genève, une fronde humaniste, qui rassemble des associations et des partis de gauche, a lancé jeudi une pétition pour abolir la criminalisation de la mendicité. Le collectif espère récolter 10'000 signatures d'ici le 31 mars pour donner un signal politique fort.

La pétition demande au Grand Conseil d'abolir l'article de la loi pénale relatif à la mendicité, a indiqué devant la presse Olivia Lefort, avocate à Caritas Genève. Cette disposition entrée en vigueur en janvier 2008 permet à la police d'amender les mendiants. Un durcissement initié par la droite.

Mais après 18 mois d'application, le bilan montre qu'amender les mendiants n'a aucun effet dissuasif, selon Caritas. Ainsi, 13'634 rapports de contravention ont été établis pour 1516 personnes, ce qui révèle un fort taux de récidive. Le coût élevé de cette répression estimé au minimum à 3 millions de francs pour ces 18 mois interpelle aussi les pétitionnaires.

Acte désespéré

Amender les mendiants est inhumain, discriminatoire et stigmatisant, a insisté le collectif. Cette disposition cible les Roms qui rendent la pauvreté visible à Genève, a relevé Alain Bolle, directeur du Centre social protestant. Cet acte désespéré a créé un sentiment ambigu et renvoie chacun à la question qui dérange: «Et si c'était nous?», a ajouté M.Bolle.

La pétition sera déposée au Grand Conseil. En l'état actuel des forces politiques, soit une nette majorité de droite avec le MCG, il n'y a aucune chance que la loi soit modifiée, reconnaît M.Bolle. Il espère néanmoins que le nombre significatif de signatures récoltées donnera une force supplémentaire pour le débat.

En famille

Cette pétition vise aussi à éclairer le débat sur la mendicité qui aura lieu à Lausanne. En effet, la population devra se prononcer sur ce sujet étant donné qu'une initiative PLR demandant l'interdiction de la mendicité a abouti en mai dernier.

Actuellement 50 à 150 mendiants, principalement des Roms, tendent la main sur les trottoirs genevois. Ils gagnent entre 5 et 10 francs par jour, un faible pécule qui n'intéresse pas les réseaux mafieux, estime Mesemrom, l'association qui les défend. Ils viennent en famille et sont, en tant que citoyens européens, en situation légale sur le territoire suisse.

Sans donner de solution miracle pour endiguer la mendicité, Mesemrom insiste sur les mesures d'accompagnement sociales autant en Roumanie qu'à Genève. Les Roms sont exclus chez eux de toutes prestations sociales et vivent dans des conditions misérables, a souligné Thibaut Lorin, membre de Mesemrom.

(ats)

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