Actualisé 09.06.2020 à 08:57

Neuchâtel

Pétition pour déboulonner la statue de David de Pury

Des activistes demandent le retrait de la statue de David de Pury à Neuchâtel, qu’ils présentent comme un esclavagiste.

Neuchâtel a débaptisé en 2019 l’Espace Louis-Agassiz et l’a renommé en Tilo-Frey (archives).

Neuchâtel a débaptisé en 2019 l’Espace Louis-Agassiz et l’a renommé en Tilo-Frey (archives).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Le Collectif pour la mémoire a lancé une pétition pour retirer la statue de David de Pury à Neuchâtel, considéré comme un esclavagiste. Cette action intervient dans le cadre de manifestations contre le racisme après la mort du Noir américain George Floyd.

La pétition en ligne est adressée aux autorités fédérales, au canton et à la Ville de Neuchâtel, a dévoilé Arcinfo. Le texte, qui vient d’être lancé, avait déjà recueilli mardi à 10h00 380 signatures, selon le décompte de Change.org.

Pour les pétitionnaires, «l’argent hérité par David de Pury, à sa mort en 1786, a été utilisé pour réaliser un grand nombre de travaux en ville de Neuchâtel mais il a été gagné par le sang des personnes noires d’Afrique forcées à l’esclavage au 18e siècle. Il est de notre responsabilité de contester cet héritage et de refuser qu’une personne qui a contribué à la souffrance de plus de 55’000 esclaves soit perçue comme un bienfaiteur».

Les signataires de la pétition demandent le remplacement de la statue de bronze, située sur la place qui porte son nom au centre-ville de Neuchâtel, par une «plaque commémorative en hommage à toutes les personnes ayant subi et subissant encore aujourd’hui le racisme et la suprématie blanche».

A Bristol aussi

Les actions contre le racisme dans le monde avaient conduit dimanche des manifestants à déboulonner à Bristol, en Angleterre, la statue d’un marchand d’esclaves du 18e siècle, Edward Colston. Arrachée de son piédestal, la statue avait été ensuite piétinée par des manifestants, puis jetée dans le port fluvial. Le maire de Bristol veut la remettre au musée.

La Ville de Neuchâtel est confrontée depuis plusieurs années à des questions sur son passé en lien avec l’esclavage et le racisme. En 2019, elle a débaptisé l’Espace Louis-Agassiz, qui se situe à la Faculté des lettres de l’Université, pour le nommer Tilo Frey, en mémoire d’une des premières femmes élues au Parlement fédéral en 1971, et une femme de couleur de surcroît.

Louis Agassiz, glaciologue à la renommée mondiale, avait promu au 19e siècle des thèses ségrégationnistes et racistes. En raison de cela, le Conseil communal avait estimé qu’il ne pouvait plus lui dédier un espace public, malgré ce qu’il a amené à Neuchâtel.

(ATS/NXP)

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