Genève: Pétition pour rendre les routes aux piétons
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GenèvePétition pour rendre les routes aux piétons

L'association actif-trafiC a déposé au Grand Conseil et au municipal de la Ville une pétition pour développer les zones 20km/h.

par
Lucie Fehlbaum
La pétition déposée par actif-trafiC réunit 450 signatures. Elle entend développer les zones 20km/h dans l'hyper-centre et le centre de Genève.

La pétition déposée par actif-trafiC réunit 450 signatures. Elle entend développer les zones 20km/h dans l'hyper-centre et le centre de Genève.

lfe

«La route appartient aux voitures, ce sont aux piétons de s'adapter. Cette situation n'est pas une fatalité.» L'association actif-trafiC veut développer des «zones de rencontre», pour apaiser les rapports souvent tendus entre automobiles, piétons et cyclistes. Des espaces où, idéalement, les trottoirs seraient supprimés et les automobilistes ralentis. L'association a déposé une pétition en ce sens jeudi, devant le Grand Conseil et le municipal de la Ville.

Les 450 paraphes expriment un ras-le-bol de la toute-puissance automobile dans le paysage urbain. Actif-trafiC entend doubler le nombre de ces zones 20km/h sur le territoire, grosso modo, de la Ville de Genève. Des espaces où l'automobiliste «doit rouler comme s'il débarquait au milieu d'un salon, avec beaucoup de prudence», image Andrea von Maltitz, cosecrétaire de l'association.

Genève à la traîne

«Nous sommes très en retard face à des villes comme Berne ou Bâle, qui comptent respectivement 111 et 85 zones de rencontre. À Genève, nous en avons actuellement une trentaine. Il s'agit par exemple de la rue Leschot, à Plainpalais, ou des rues de la Rôtisserie ou de la Madeleine», explique Thibault Schneeberger, cosecrétaire d'actif-trafiC, qui souhaite doubler le nombre de ces espaces à Genève d'ici à 2028.

«Il ne s'agit pas d'interdire la voiture, mais d'adapter la ville à la réalité actuelle, où bientôt 50% des ménages n'auront plus d'automobile», souligne Philippe de Rougemont, membre de l'association écologiste.

Jouer dans la rue

La zone limitée à 20km/h ferait figure de compromis entre la rue piétonne et la limitation à 50km/h. «Elle renforce aussi le lien social. Les enfants peuvent jouer dans la rue sans crainte, les voisins peuvent faire connaissance. Personne n'a envie de s'arrêter au bord d'une route fréquentée pour discuter», déplore Thibault Schneeberger. Une vitesse très contrôlée profiterait aussi aux commerçants, «comme à la rue Leschot où les terrasses ont fleuri».

Aménagement nécessaires

Des aménagements routiers peuvent contraindre les automobilistes à ne pas dépasser les 20 km/h dans les zones de rencontre. A l'instar des dos-d'ânes, ces installations garantissent la sécurité des piétons qui se trouvent sur la voie. Du mobilier urbain, comme de gros pots de fleurs, permettent d'éviter le parking sauvage. Des infrastructures, avec notamment la suppression des trottoirs, qui engendrent des frais. "Les routes sont rénovées en continu, rappelle actif-trafiC. Autant dépenser de l'argent pour apaiser le quotidien."

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