Actualisé 21.05.2012 à 12:16

Surveillance postale Peu de concurrence sur le marché des lettres

La concurrence ne fonctionne que de manière très hésitante sur le marché des lettres. La Poste Suisse détient une part de marché de 99% sur les lettres de plus de 50 grammes, en marché libre.

Le géant jaune profite toujours de la protection que lui offre son monopole résiduel, sur les envois jusqu'à 50 grammes, estime l'autorité de régulation postale (PostReg) dans son rapport d'activité 2011 pour expliquer la position dominante de l'ex-régie fédérale. Son réseau couvrant l'ensemble du territoire et ses investissements élevés sont deux atouts supplémentaires.

«Les courriers de plus de 50 grammes ne représentent que 25% du marché, mais une libéralisation totale ne menacerait pas la viabilité de La Poste», a affirmé Marc Furrer, responsable de PostReg, devant la presse réunie à Berne. Il a donné comme exemple le marché postal allemand, libéralisé en 2008. La poste fédérale allemande en possède aujourd'hui encore 90% des parts.

Le marché des lettres reste très vivace en Suisse, par rapport à l'Europe, relève par ailleurs l'autorité de régulation postale. En 2011, La Poste a traité quelque 2,33 milliards de lettres, soit une baisse de seulement 1,3% du volume par rapport à l'année précédente.

La concurrence est plus poussée sur le marché helvétique des colis, note PostReg. Elle reste toutefois faible en moyenne européenne, la part détenue part les prestataires privés s'élevant à 20,4%, un pourcentage en stagnation depuis la libéralisation du marché en 2004. Le marché des colis montre en outre une saturation, qui s'explique notamment par la morosité de la consommation en 2011.

Ponctualité «très élevée»

La surveillance postale salue en revanche la ponctualité du géant jaune. En 2011, La Poste a distribué dans les délais 97,5% des lettres en courrier A, contre 97,2% en 2010. Le chiffre est encore plus élevé pour le courrier B, avec 99,3% (2010:98,5%) des envois arrivés dans les délais.

Pour les colis également, La Poste présente une ponctualité honorable, selon PostReg: l'an dernier, 97,4% des paquets prioritaires (2010: 97,7%) et 97,7% (2010: 97,5%) des non prioritaires sont arrivés à temps.

La Poste a fermé l'an dernier plus de cent de ses offices, qui sont passés de 1955 à 1851. Elle a en revanche ouvert 70 agences, soit un service postal disponible par exemple dans un magasin, qui sont désormais 427. Elle offre en outre 1226 services de distribution à domicile, soit 34 de plus qu'en 2010. Pour PostReg, l'obligation de fournir un service universel est ainsi remplie, a précisé son responsable.

Aide à la presse transférée à l'OFCOM

L'autorité de surveillance relève encore que le service universel est toujours autofinancé, à hauteur de 118,8%. La dépendance de La Poste à l'égard de PostFinance s'est toutefois encore accrue l'an dernier. Pourtant, avec la nouvelle législation postale, le géant jaune se séparera en trois entités dès 2013: La Poste SA, Postfinance SA et CarPostal SA.

Avec la nouvelle loi, qui entrera en vigueur cette année encore, la future Commission de la poste (PostCom) remplacera PostReg dans son rôle, rappelle aussi l'autorité de régulation. Tout nouveau fournisseur de services postaux pourra alors commencer son activité à tout moment, après s'être fait enregistrer auprès de la PostCom.

Dirigée par l'ancien conseiller d'Etat zurichois PDC Hans Hollenstein, la PostCom pourra accueillir en son sein les collaborateurs de PostReg, étant donné que le travail sera presque identique, a précisé M. Furrer. Seules quelques tâches «directement ministérielles» lui seront retirées, comme l'attribution de l'aide à la presse, transférée à l'Office fédéral de la communication (OFCOM). (ats)

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