Zurich – Peu de patients sont prêts à partager leurs données pour la recherche
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ZurichPeu de patients sont prêts à partager leurs données pour la recherche

L’Hôpital universitaire de Zurich peine à convaincre les personnes hospitalisées de céder leurs données pour des études. Un expert donne quelques pistes pour expliquer ce refus.

Les chercheurs manquent cruellement de données sur la pandémie.

Les chercheurs manquent cruellement de données sur la pandémie.

Universität Basel/Thomas Klimkait

Les hôpitaux universitaires sont actifs dans la recherche. Mais en cette période de Covid, la science médicale a du mal à progresser, explique Huldrych Günthard, médecin-chef de la clinique des maladies infectieuses de l’Hôpital universitaire de Zurich dans la «SonntagsZeitung». De nombreux patients refusent de partager leurs données destinées à la recherche. «Dans les études sur le VIH auxquelles j’ai participé, 70 à 80% des personnes interrogées ont accepté de participer à l’étude, indique Huldrych Günthard. Avec le Covid, c’est seulement 30%.»

Le spécialiste voit plusieurs raisons à cette situation. Il cite notamment l’origine culturelle de nombreux patients. Autre piste: difficile de gagner la confiance des patients pour les soignants habillés en tenue de protection de la tête au pieds. La méfiance croissante à l’égard de la médecine ajoute encore à la difficulté d’obtenir l’aval du partage des données, précise également l’expert. «Nous sommes un pays de gens bien informés et j’étais convaincu que les gens étaient positifs à l’égard de la recherche médicale parce qu’elle aide les personnes. Mais je suis devenu quelque peu désabusé», conclut le chercheur, qui est inquiet. «Ce n’est que si suffisamment de personnes partagent leurs données pour la recherche que nous apprendrons si les nouvelles thérapies sont utiles ou non.»

La recherche délaissée

Les chercheurs s’inquiètent également du manque de soutien des hommes politiques et des institutions en matière de recherche. La Clinique des maladies infectieuses de l’Hôpital universitaire de Zurich n’a pas reçu un seul franc de financement supplémentaire pendant la crise du Covid. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique a également rejeté, il y a quelques années, une demande de création d’un centre national d’excellence pour les maladies virales, les examinateurs estimant que le sujet n’était pas suffisamment pertinent. «Avec un tel centre, la Suisse aurait géré la crise du Covid d’une manière complètement différente», affirme Huldrych Günthard.

(roy/jbm)

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