Berne: Peur d'être espionnés avec le retour de l'e-vignette
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BernePeur d'être espionnés avec le retour de l'e-vignette

Le sésame des voies rapides pourrait passer à l'électronique. Une technologie qui en inquiète certains.

par
jbm/ats
Le système pourrait voir le jour en 2019, selon Doris Leuthard.

Le système pourrait voir le jour en 2019, selon Doris Leuthard.

L'autocollant pour rouler sur les autoroutes pourrait bientôt appartenir au passé. Il devrait prendre une forme électronique et être lié aux plaques, et non plus aux véhicules, a précisé jeudi le Conseil fédéral. Une solution mise en avant pour faire baisser les charges administratives et lutter contre les fraudeurs, mais qui pose la question de la protection des données. En théorie, cette technologie permettrait de ne rien ignorer des automobilistes: trajets, destinations, heures et lieux des déplacements, infractions passées.

Ces intrusions possibles avaient notamment irrité l'UDC, qui craint de voir l'administration traquer les conducteurs. Une inquiétude partagée par le TCS, qui relève également d'autres problèmes: «Le principe d'instaurer une vignette électronique est peu clair pour ce qui est de sa concrétisation sur le plan opérationnel», souligne Yves Gerber. Le porte-parole du TCS pointe aussi les coûts d'infrastructures et d'exploitation. «De plus, son introduction ouvre la voie à de nombreuses autres applications, comme le «road pricing» ou le péage urbain, auxquels nous sommes opposés.»

Stéphane Koch, expert en technologies de l'information, ne voit pas de problème majeur avec l'e-vignette, «pour autant que le cadre légal de base défini soit respecté». Le Genevois met toutefois en garde: «Aujourd'hui, le contrôle se fait visuellement. A l'avenir, si l'autocollant est lié au numéro de plaques, il ne faut pas qu'il y ait possibilité de croisement avec d'autres bases de données, notamment sur d'autres infractions.»

Le projet fait débat depuis des années

Il y a dix ans, on nous annonçait déjà que les jours de la vignette autocollante étaient comptés. La Confédération envisageait un contrôle des plaques minéralogiques avec des caméras et leur comparaison avec une base de données. Le 24 novembre 2013, le souverain a refusé l'augmentation de la redevance à 100 francs. Lors du débat qui a précédé le vote, l'e-vignette est revenue sur le tapis. Techniquement, elle pourrait avoir la forme d'une carte magnétique, munie ou non d'une puce GPS, ou d'un boîtier relié au compteur kilométrique du véhicule.

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