Actualisé 09.02.2017 à 10:34

Vote du 9 février 2014Peur de l'immigration: rien n'a changé en 3 ans

Les Suisses approuvaient le 9 février 2014 l'initiative de l'UDC pour lutter contre l'immigration de masse. Trois ans plus tard, une étude montre que la situation n'a pas changé.

par
nxp/cht

Rarement un objet soumis au vote des Suisses n'aura agité autant les esprits que cette initiative de l'UDC: il y a 3 ans, jour pour jour, le texte pour lutter contre l'immigration de masse était accepté de justesse par le peuple. Aujourd'hui, le sujet n'est toujours pas clos.

Les citoyens devront sans doute retourner aux urnes pour décider s'ils approuvent ou non la solution «light» du Parlement combattue par référendum par l'UDC; ou s'ils préfèrent l'initiative RASA, qui demande l'abrogation de l'article sur la libre circulation issu du vote du 9 février 2014, ou l'un des contreprojets du Conseil fédéral.

Essayer de comprendre

Quoi qu'il en soit, rapporte Le Temps jeudi, les milieux économiques, qui avaient combattu l'initiative de l'UDC, tentent désormais de comprendre pourquoi ils ont échoué en 2014.

Ainsi entre mai et septembre 2015, ils ont mené une enquête auprès de 221 personnes intéressées par la politique. Ceci dans 13 agglomérations du pays, choisies «parce que leur index d'ouverture a diminué ces dernières années».

Accords bilatéraux mal compris

Verdict de cette démarche inédite: personne parmi les sondés ne conteste l'importance des accords bilatéraux entre la Suisse et l'UE. Mais la plupart ne comprennent pas vraiment ce que cela signifie et leur utilité au quotidien.

L'accord qui pose le plus de problème, rapporte Le Temps, c'est celui sur la libre circulation (ALCP). La plupart des personnes interrogées ignorent ou sous-estiment complètement la clause guillotine liant l'ensemble des accords bilatéraux avec Bruxelles. Pour elles, il n'y a donc pas de problèmes à séparer la libre circulation des autres secteurs.

Bouc émissaire

Car c'est bien cette libre circulation qui pose problème auprès des sondés. Tous ont exprimé le besoin de reprendre le contrôle de l'immigration. Un besoin «qui l'emporte sur le voeu d'ouverture du pays», souligne Le Temps.

La plupart des participants craignent en effet pour leur place de travail ou de perdre de l'espace et l'ALCP est donc vue comme un bouc émissaire à ces peurs. En outre l'économie, qui embauche des étrangers, est vue comme responsable de cette situation.

Du coup, le patronat va devoir s'améliorer s'il entend convaincre la population des bienfaits de la libre circulation lors des prochaines votations à venir. Les milieux économiques devront ainsi mieux vulgariser le sujet.

Ils devront aussi faire en sorte que les mesures annoncées notamment pour l'emploi des seniors soient suivies d'effet - et communiquées auprès du public. Ils devront aussi mieux expliquer les différents statuts des étrangers en Suisse et se positionner sur la thématique des réfugiés.

Les nouveaux votes à venir

- Un référendum a été lancé par l'UDC contre la loi d'application du vote du 9 février 2014 et la solution light approuvée par le Parlement. Le délai référendaire se termine le 7 avril. S'il aboutit, le peuple pourrait voter cette année encore.

- Le peuple devra aussi se prononcer sur l'initiative «Sortons de l'impasse! Renonçons à rétablir des contingents d'immigration», dite RASA. Celle-ci vise à supprimer l'article 121a issu de l'initiative de l'UDC approuvée le 9 février 2014. En clair: le texte demande un nouveau vote.

- Mais le peuple devra parallèlement se prononcer sur les deux contreprojets conconctés par le Conseil fédéral. Le comité RASA n'a pas encore décidé s'il retirait son initiative.

- Enfin, les Suisses devront se prononcer sans doute sur une nouvelle votation sur le sujet. En effet, l'ASIN, l'Action pour une Suisse indépendante et neutre, et l'UDC ont annoncé le lancement d'une initiative pour résilier l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE.

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