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BNSPhilipp Hildebrand nommé président

Sans surprise, le Conseil fédéral a nommé Philipp Hildebrand comme nouveau président de la Banque nationale suisse (BNS).

Le Lucernois, âgé de 46 ans, succédera en janvier à Jean- Pierre Roth, qui part à la retraite à la fin de l'année.

La décision du gouvernement était largement attendue. Les autorités fédérales se tournent en général vers le numéro deux de l'institut d'émission pour choisir le nouveau président. Le Conseil fédéral a ainsi suivi la proposition du Conseil de banque et a fait le choix de la continuité.

Après des études universitaires en Suisse et à l'étranger et une carrière dans la finance et la gestion de fortune, Philipp Hildebrand est entré à la BNS en juillet 2003, en tant que membre de la direction générale.

Le Lucernois, actuel vice-président, aura la lourde tâche de succéder à Jean-Pierre Roth. L'annonce de son départ en février avait provoqué un véritable concert de louanges. En fin monétariste, le Valaisan avait su habilement gérer les crises.

Soutenir la conjoncture

La BNS n'avait pas hésité à relâcher les rênes monétaires à partir de l'automne 2008 pour soutenir une économie chancelante. Au même moment, la banque centrale avait lancé conjointement avec la Confédération un plan massif de soutien au système bancaire. Elle avait mis en place une «bad bank» pour permettre à l'UBS de se défaire de bon nombre de ses actifs pourris.

La nomination de Philipp Hildebrand entraîne des rocades au sein du directoire de la BNS. Thomas Jordan, 46 ans également, devient vice-président de la direction générale. Actuel membre du 3e département (marchés financiers, opérations bancaires et informatique), il prendra la tête du 2e (systèmes financiers, billets et monnaies) à partir de janvier 2010.

Entré à la BNS en 1997, Thomas Jordan est notamment professeur honoraire à l'Université de Berne, où il enseigne la théorie et la politique monétaires.

Présence romande

Le Conseil fédéral a par ailleurs annoncé la nomination de Jean- Pierre Danthine à la direction générale. Professeur d'économie à l'Université de Lausanne, il deviendra le numéro trois de l'institut d'émission à partir de janvier. La Suisse romande continuera de ce fait à être représentée au directoire de la BNS.

Les quatre partis gouvernementaux ont approuvé la nomination de Philipp Hildebrand à la présidence de la Banque nationale suisse. C'est «le meilleur choix», estime le président du Parti libéral- radical (PLR), Fulvio Pelli. M. Hildebrand jouit d'une haute compétence et des meilleurs liens sur le plan international, selon le Tessinois. Une appréciation que partagent les démocrates- chrétiens (PDC).

A gauche, le président du Parti socialiste Christian Levrat juge logique la décision. «J'espère que M. Hildebrand poursuivra la politique courageuse de Jean-Pierre Roth», a précisé le Fribourgeois.

Maintenir le cap

Seuls les Verts ont fraîchement accueilli la nouvelle. Pour leur président Ueli Leuenberger, l'élection de Philipp Hildebrand signifie l'arrivée d'un représentant de la vieille clique de l'UBS au sommet de la BNS.

Du côté des milieux économiques, l'Association suisse des banquiers (ASB) a également salué la décision, louant l'expérience de la nouvelle équipe.

«Par les temps actuels difficiles, la BNS doit maintenir le cap de sa politique monétaire menée jusqu'ici pour surmonter la crise», a indiqué à l'ATS le chef de la communication de l'ASB Jean-Marc Felix. La nouvelle direction forme une garantie que la Suisse continuera d'être bien représentée et connectée sur la scène internationale. (ats)

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