Suisse romande - Photo-thérapie: poser nue pour retrouver l’estime de soi
Une participante à la séance intitulée «Nu(e) et libre».

Une participante à la séance intitulée «Nu(e) et libre».

Nirine Arnold
Publié

Suisse romandePhoto-thérapie: poser nue pour retrouver l’estime de soi

La photo-thérapie permet de se confronter à son image et de se réconcilier avec son corps. Une photographe et une participante vaudoises témoignent.

par
Nina Seddik

Retrouver l’estime de soi grâce à la photographie. C’est le principe de la photo-thérapie (à ne pas confondre avec le terme médical du même nom), une sous-branche de l’art-thérapie importée des États-Unis et qui fait un nombre croissant d’adeptes sous nos latitudes. L’idée? Poser devant l’objectif d’un photographe, habillé, en lingerie ou nu, pour se voir sous un angle différent et amorcer un processus de réconciliation avec son corps.

Maladie, rupture, deuil ou prise de poids: les raisons poussant à faire une séance de photo-thérapie sont nombreuses. C’est pour apaiser ce mal-être que la photographe lausannoise Nirine Arnold, également travailleuse sociale, s’est lancée il y a deux ans. Son crédo? «Faire du bien en faisant du beau». La Vaudoise, âgée de 31 ans, propose différentes formules pour aider les femmes à accepter leurs corps et améliorer l’estime de soi. Pourquoi se concentrer sur un public essentiellement féminin? «J’aime particulièrement les photographier, répond-elle. J’ai créé ces séances pour les aider à s’aimer telles qu’elles sont et à prendre conscience qu’elles n’ont pas à se cacher. En se mettant au centre de l’image, elles se mettent au centre de leur vie.»

Séance intitulée «Sur les courbes de mon corps».

Séance intitulée «Sur les courbes de mon corps».

Nirine Arnold
Séance photo sur les courbes de mon corps.

Séance photo sur les courbes de mon corps.

Nirine Arnold

La séance intitulée «Sur les courbes de mon corps» se déroule au domicile de la personne photographiée et se concentre sur les parties qui la complexent. L’option «Nu(e) et libre» propose, quant à elle, de se faire photographier en pleine nature et dans le plus simple appareil. «Je me suis toujours mieux acceptée nue plutôt qu'avec des vêtements, explique Nirine Arnold. Quand on est habillé, on se compare à un idéal de beauté et donc aux autres. Du coup, on se concentre beaucoup plus sur un bourrelet qui ressort dans une robe moulante, par exemple. Et puis, sans habits, on ne peut plus se cacher, on est vraiment soi.»

Séance du programme «Nu(e) et libre».

Séance du programme «Nu(e) et libre».

Nirine Arnold
Séance du programme «Nu(e) et libre».

Séance du programme «Nu(e) et libre».

Nirine Arnold

Pour autant, se faire photographier nu et en pleine nature, est-il fait pour tout le monde? «Non, cela s'adresse davantage aux femmes qui, malgré leurs complexes, ont un minimum de confiance en elles, répond la Lausannoise. Pour les autres, je propose de faire la séance en sous-vêtements, par exemple, ou d'autres options en fonction des entretiens personnalisés que je passe avec elles avant chaque séance.» Des entretiens complétés par des questionnaires qui permettent à Nirine Arnold d’en savoir plus sur les antécédents des participantes, de cerner leurs besoins et de créer un climat de confiance. Des séances de débriefings sont aussi au programme lors de la remise des photos. C’est justement cet accompagnement personnalisé qui a séduit Émilie: «Cela m’a permis de me sentir vraiment en confiance le jour J», note la Vaudoise, âgée de 35 ans, qui a choisi l’option «Nu(e) et libre», à la suite d’une prise de poids. Une expérience thérapeutique libératrice qui serait difficilement réalisable dans d’autres conditions selon elle: «Sans vêtements, il n’y a plus aucune barrière. C’est juste toi et la nature».

Séance du programme «Nu(e) et libre».

Séance du programme «Nu(e) et libre».

Nirine Arnold

Où faire de la photo-thérapie en Suisse romande

Voici quelques photographes romands proposant des séances de photo-thérapie.

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