Apiculture: Pic de mortalité des abeilles ces dernières années

Actualisé

ApiculturePic de mortalité des abeilles ces dernières années

Pour lutter contre ce phénomène, qui peut avoir de graves conséquences économiques et écologiques, la station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux (ALP) a lancé de nouveaux projets.

Les abeilles jouent un rôle prépondérant dans la pollinisation, indique mardi l'ALP dans un communiqué. Selon une estimation datant de 2002, la valeur totale des fruits et des baies récoltés en Suisse s'est élevée à 335 millions de francs, «dont 80% sont à mettre au compte de la pollinisation» par ces insectes.

Au cours des hivers passés, les apiculteurs suisses ont enregistré des pertes particulièrement marquées. Durant celui de 2007-2008, le taux de mortalité a grimpé à 18#%, contre 10#% en moyenne, a précisé à l'ATS Peter Neumann, de l'ALP. Dans le canton de Fribourg, ce sont pas moins d'un tiers des abeilles qui ont été décimées durant cette saison.

C'est sur les abeilles d'hiver que repose la poursuite de l'élevage au printemps suivant, souligne le communiqué. Si leur durée de vie est réduite, «le redémarrage de printemps sera compromis».

Un acarien pointé du doigt

Outre les maladies ou les facteurs environnementaux, l'une des causes les plus importantes de la perte de colonies est le «Varroa destructor», poursuit l'ALP. Les premiers moyens de lutte contre cet acarien ont été des produits synthétiques. Devenus inefficaces, ils ont été remplacés dès la moitié des années 90 par des acides organiques et des huiles essentielles.

Cette méthode complexe demandant beaucoup de travail, le centre de recherche a lancé une nouvelle offensive. Ses objectifs: optimiser des moyens alternatifs pour combattre le «Varroa destructor» et développer une lutte biologique durable. Cette dernière pourrait passer par l'augmentation de la résistance des abeilles ou par la diminution de la reproduction du parasite.

D'autres pays européens ainsi que l'Asie et les Etats-Unis sont également touchés par une explosion de la mortalité des abeilles. Afin de pouvoir comparer les données récoltées, des standards internationaux doivent être créés, affirme l'ALP. Son centre de recherches apicoles dirige dans ce but le réseau COLOSS, qui comprend 130 membres provenant de 35 pays.

(ats)

Ton opinion