Pic des ventes au «Wall Street des roses»
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Pic des ventes au «Wall Street des roses»

Roses, tulipes et orchidées rouges s'arrachent à l'approche de la Saint Valentin au «Wall Street des roses», le marché de gros d'Aalsmeer.

Cette plate-forme coopérative vend aux enchères la récolte de milliers d'horticulteurs du monde entier.

Ces jours-ci, près de 40 millions de fleurs y sont vendues chaque jour, soit deux fois plus que d'habitude. Et petit rappel pour les distraits : la Saint Valentin, c'est ce mercredi 14 février.

«Avec Noël et la fête des mères, la Saint Valentin est la plus grosse période pour nous. On réalise en une semaine 15 à 20% du chiffre d'affaires annuel», explique à l'AFP Didier Campos, responsable pour la France du grossiste européen TopFlora, qui se fournit en majorité au marché d'Aalsmeer, situé à une vingtaine de kilomètres au sud d'Amsterdam.

«La demande est la plus forte pour les roses rouges bien sûr, mais aussi toute la palette des roses couleur rose», résume Adrienne Lansbergen, porte-parole du marché, tout en se promenant entre des centaines de chariots de roses attendant de passer sous le marteau.

Pas seulement les roses

«Mais les tulipes et les lis rouges, les orchidées ou bien les plantes taillées en forme de coeur ont également la cote», assure-t- elle.

«On sent que c'est la Saint-Valentin», ajoute Mme Lansbergen en entrant dans la salle des ventes dédiée aux roses. «Les tribunes sont presque pleines, et c'est la plus grande de nos cinq salles des ventes avec près de 500 places».

Depuis six heures du matin, les acheteurs s'y arrachent à un prix exorbitant les grandes roses rouges. «Certaines s'achètent 15 centimes (d'euro, soit un peu moins de 25 centimes suisses) pièce au mois d'août, mais en ce moment la demande est telle qu'elles partent à 1,50 euros», soupire Didier Campos, qui fournit les supermarchés français en bouquets composés.

Ces «brokers floraux» travaillent sous forte pression: ils achètent à l'enchère décroissante, une oreille collée au téléphone et l'oeil rivé au mur, où s'affichent la variété, le nom de l'horticulteur, l'origine et la qualité du produit qui défile sur le chariot devant eux.

Sur un cadran, une puce allant de 1 euro à 0 se déplace à une vitesse vertigineuse, et n'est interrompue que lorsque un acheteur actionne le petit bouton noir de sa tablette.

«Autrement dit, le premier qui appuie sur le petit bouton achète le lot. Tout est question de bon moment: s'il attend, il court le risque de voir les fleurs lui échapper, s'il appuie trop tôt, il paiera peut-être trop cher», explique Adrienne Lansbergen.

«C'est vraiment la loi de l'offre et de la demande», ajoute-t- elle. «On nous surnomme le «Wall Street des roses» car les prix de vente d'ici déterminent ceux du monde entier».

A Aalsmeer, l'offre «est toujours nombreuse et variée», grâce aux trois mille pépiniéristes copropriétaires du marché, en grande majorité néerlandais, mais aussi originaires d'Ethiopie, du Kenia ou d'Israël, selon Mme Lansbergen.

«Nous vendons pas moins de 400 variétés de roses. Et chaque année, nous mettons en vente près de 70 nouvelles variétés», précise-t-elle avec une once de fierté dans la voix.

Aussitôt vendues, les fleurs sont distribuées en un minimum de temps vers les grossistes et exportateurs, qui les acheminent à destination en avion ou camion. 85% des ventes sont destinées à l'étranger. «Elles peuvent être en vente à New York dès ce soir», explique Adrienne van Lansberg. (ats)

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