Aviation: Picoler avant de piloter? La loi ne fixe aucune limite
Actualisé

AviationPicoler avant de piloter? La loi ne fixe aucune limite

Si les conducteurs, et bientôt les marins, n'ont pas le droit de dépasser le 0,5‰, la législation ne dit rien pour les aviateurs amateurs.

par
Christian Humbert

C'est une curiosité: il n'existe pas de taux limite d'alcool pour qui prend les commandes d'un coucou privé! Porte-parole de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), Urs Holdegger confirme. Il précise toutefois que la réglementation impose au pilote d'être apte à commander son appareil. Sous-entendu: il ne peut être sous l'emprise d'alcool. Une licence peut être refusée à un candidat porté sur la bouteille et peut aussi lui être retirée s'il a manifestement un problème de boisson, détecté lors des contrôles médicaux auxquels les pilotes doivent se soumettre régulièrement. Pour les pros, les règles sont strictes: ils ont l'interdiction de boire un verre 24 heures, voire 48 heures avant un vol, rassure l'OFAC.

Pierre-Alain Vermot, président de l'aérodrome de Bex, ajoute que les assurances sont claires en ce qui concerne l'alcool, lors de la signature d'un contrat couvrant un aéronef: c'est 0‰ en vol. Et si aucun article de loi ne fixe de limite à l'alcoolémie, la loi sur l'aviation civile est claire lorsqu'un pilote est visiblement éméché sur un aéroport. «Les membres de l'équipage de conduite seront soumis à un examen approprié lorsque des indices permettent de conclure qu'ils sont pris de boisson.» Dans ces cas-là, une prise de sang peut être imposée. Les responsables de la piste peuvent même faire appel à la police.

Mais le taux d'alcool peut jouer des tours même aux plus sobres. Il est déjà arrivé que les effets de l'altitude mélangés à la fermentation de jus de fruits portent l'alcoolémie à 0,2‰.

Ton opinion