Actualisé 29.05.2020 à 12:00

SuissePiéger les pédophiles grâce à l’intelligence artificielle

Il est désormais possible de créer des images pédophiles factices mais ultraréalistes. En Allemagne, les enquêteurs sont autorisés à utiliser cette méthode pour traquer les pédocriminels. En Suisse, cette manière de faire est encore interdite.

de
Olivia Beuchat

Depuis la mi-mars, la police allemande traque les pédophiles en les appâtant avec du porno infantile. Or les images utilisées ne sont pas réelles, mais créées artificiellement grâce à l’intelligence artificielle. Cette nouvelle méthode permet aux enquêteurs d’infiltrer les réseaux pédocriminels, rapporte Zeit Online.

Selon Thomas Goger, procureur et chef de l’unité de cybercriminalité de la Bavière, la pédopornographie est principalement partagée sur le darknet: «Nos enquêteurs doivent donc être présents sur ces sites et forums.» Le hic: pour être acceptés, les nouveaux venus doivent d’abord publier eux-même du contenu interdit avant d’avoir accès à l’intégralité des images et vidéos publiés sur ces forums.

Et c’est justement là que l’intelligence artificielle entre en jeu. Grâce à elle, il est possible de créer des images pédophiles factices mais ultraréalistes. Pour cela, le programme se sert de vraies images avant de les modifier à tel point qu’on ne reconnaît plus les personnes qui se trouvaient dessus.

Aucune base légale en Suisse

Actuellement, il est interdit de créer et d’utiliser des images factices pour traquer les pédophiles en Suisse, informe l’Office fédéral de la police (Fedpol). «Il manque une base légale pour cela. Diffuser un tel contenu, même s’il est factice, violerait l’article du Code pénal sur la pornographie interdite», explique le porte-parole Florian Näf.

La conférence des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS), elle, souhaiterait que la situation change. Son président Stefan Blättler affirme: «La CCPCS salue les instruments permettant d’empêcher ce genre de délits. Les auteurs sont très prudents et c’est très difficile de les approcher.» Dans le cadre de la révision du code de procédure pénale, la CCPCS propose donc d’ajouter un article permettant, sous certaines conditions strictes, le partage de matériel pédopornographique montrant des personnes factices et non réelles.

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