Pierre Maudet aurait ignoré les activités de Uber à Genève contre un deal 

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GenèvePierre Maudet aurait ignoré les activités de Uber contre un deal 

Alors que l’entreprise américaine exerçait illégalement, l’ex-conseiller d’Etat l’a laissé opérer en échange de quelques concessions. Une fuite de documents internes atteste de cet arrangement tenu secret. 

Pierre Maudet assure que son approche sur le dossier Uber était partagée par l’ensemble du gouvernement.

Pierre Maudet assure que son approche sur le dossier Uber était partagée par l’ensemble du gouvernement.

TDG

Arrivée à Genève en 2014, Uber a démarré ses activités dans l’illégalité. Pourtant, l’entreprise californienne a pu continuer d’exercer plusieurs années sans autorisation grâce à un deal secret passé avec Pierre Maudet, révèle une enquête de  la «Tribune de Genève», basée sur une fuite de documents du géant technologique obtenus par le journal britannique The Guardian. Alors qu’en mars 2015, le Service du commerce interdit à Uber d’exercer, la multinationale fait recours et passe par la grande porte, en s’adressant directement à Pierre Maudet, alors à la tête du Département de la sécurité et de l’économie. Quelques mois plus tard, le magistrat rencontre trois cadres de l’entreprise. Une entrevue qui donnera lieu, selon un document interne de la société, à un accord entre l’élu et l’entreprise: en échange de quelques concessions et du secret de cette discussion, l’entreprise peut continuer ses opérations. Pour cela, Uber s’engage à ne pas faire travailler des taxis officiels et renonce à lancer son service UberPop, qui aurait fait appel à des chauffeurs amateurs.

Alors que la justice genevoise confirme la décision du Service du commerce, le deal semble toujours tenir. Uber doit seulement faire profil bas et soutenir la nouvelle loi de Pierre Maudet sur les taxis. En juillet 2017, cette dernière entre en vigueur: l’autorisation nécessaire pour exercer est supprimée, il suffit désormais aux acteurs du marché de s’annoncer. Dès lors, les activités de l’entreprise américaine deviennent légales. Ce n’est qu’en 2022 que Uber sera rattrapée par la justice. Contacté par le journal genevois, Pierre Maudet, qui ambitionne de revenir au gouvernement lors des prochaines élections en avril, se dit tenu par le secret de fonction, qui lui interdit de s’exprimer sur les décisions prises à l’époque. L’ancien conseiller d’Etat précise toutefois que son traitement de cette affaire était appuyé par l’ensemble du Conseil d’Etat. Il estime également que les recours en justice systématiques d’Uber sont responsables de la lenteur dans ce dossier. Enfin, il ajoute qu’en matière de sanction pénale, cela n’était pas de son ressort, mais de celui du Ministère public.

(lhu)

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