Procès en appel – Pierre Maudet affirme que son voyage politique n’est pas terminé
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Procès en appelPierre Maudet affirme que son voyage politique n’est pas terminé

Le procès en appel de l’ancien conseiller d’État et de ses trois coaccusés s’est achevé jeudi matin. Le verdict ne sera pas rendu en public.

par
Maria Pineiro
mpo

«J’espère que mon voyage juridique s’arrêtera là. Quant à mon voyage politique, il ne s’arrêtera pas au prétoire.» Les déclarations de Pierre Maudet en conclusion de son procès en appel pour acceptation d’un avantage feront sans aucun doute bruisser le petit monde politique de la République. Au-delà de cette petite piqûre de rappel, l’ancien conseiller d’État a dit espérer que cette étape juridique de l’appel ait permis «une meilleure compréhension des intérêts qu[’il a] voulu défendre, soit ceux de Genève, et un regard détaché qui dise le droit en allant sur le fond». A la clôture des débats, Pierre Maudet, accusé d’acceptation d’un avantage pour un voyage à Abu Dhabi et le financement d’un sondage, a été l’unique prévenu à prendre la parole. Ses coaccusés, soit Patrick Baud-Lavigne, son ancien chef de cabinet, poursuivi pour ces mêmes chefs ainsi que pour instigation à abus d’autorité et violation du secret de fonction, a préféré ne rien ajouter. Il en a été de même des hommes d’affaires Magid Khoury et Antoine Daher, accusés d’octroi d’un avantage.

«On cherche encore l’influence»

Jeudi matin, seule Me Fanny Margairaz, avocate de Pierre Maudet, a encore pris la parole pour une plaidoirie technique, largement consacrée à Magid Khoury pour démontrer le «caractère pernicieux et artificiel de la thèse du Tribunal de police. Tout a été examiné comme s’il avait payé le voyage à Abu Dhabi». Or, a-t-elle insisté, c’est la couronne émiratie qui a invité le conseiller d’État et qui a payé tous les frais. Et, poursuit-elle, c’est bien ainsi que Pierre Maudet l’a compris, puisque, dans un email adressé à l’homme d’affaires, il ne le remercie que «pour les contacts de très haut niveau sur place». L’avocate a également estimé que le Ministère public avait interprété trop largement le pouvoir décisionnel de Pierre Maudet, rappelant l’exigence d’un «lien fonctionnel, un vrai lien entre l’octroyant et les prérogatives de l’agent public». Selon elle, le tribunal de police s’est trop écarté de la jurisprudence en la matière, «on cherche encore l’influence de Pierre Maudet dans une prise de décision concernant Magid Khoury».

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