Actualisé 29.03.2017 à 20:04

Genève

Pierre Maudet «choqué» par le discours syndical

Le conseiller d'Etat a peu goûté que les inspecteurs de police, fâchés par leur rétrogradation salariale, «disqualifient» leurs collègues uniformés.

de
Jérôme Faas
Pierre Maudet, conseiller d'Etat PLR chargé du Département de la sécurité et de l'économie.

Pierre Maudet, conseiller d'Etat PLR chargé du Département de la sécurité et de l'économie.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Les mesures de lutte annoncées mardi soir par le syndicat de la police judiciaire (SPJ) ont fortement déplu au conseiller d'Etat chargé de la Sécurité. Si le fond a laissé Pierre Maudet dubitatif, il s'est déclaré «choqué» par la forme. Les inspecteurs, écœurés d'avoir été dégradés en classe 14, soit le même niveau salarial que les gendarmes, ont indiqué qu'ils allaient effectuer le travail d'enquête dû au Ministère public de manière extrêmement restrictive. «Vu que nous sommes de simples policiers, (…), nous ne prendrons plus aucune initiative personnelle», ont-ils expliqué.

«Ce qui m'a scandalisé, c'est que le syndicat disqualifie le reste de la police, a réagi Pierre Maudet. Cela montre qu'ils ne voient pas les enjeux actuels et qu'ils méconnaissent le travail de leurs collègues en uniforme. Ce qui les embête, c'est surtout d'être mis au même niveau que les autres, malgré l'école de police désormais unique.»

«Le temps de la discussion est passé»

Le SPJ a annoncé qu'il allait informer le Conseil d'Etat de ses décisions et lui donner un délai avant de les mettre en œuvre. «C'est le monde à l'envers. Ce n'est pas aux syndicats de donner un délai au Gouvernement. Le temps de la discussion est passé sur ce point et les décisions ont été prises sur une base objective. Il faut maintenant se concentrer sur les enjeux futurs, comme la caisse de pension, ce que j'ai fait avec eux cet après-midi.»

Action syndicale illicite?

Sur le fond des mesures, l'élu PLR estime que «si l'action syndicale des inspecteurs consiste en la mauvaise exécution de leur travail, elle est par essence illicite». Mais il n'ose y croire, tant la chose lui paraîtrait «contraire au respect du droit qui prévoit de s'adresser aux tribunaux en cas de désaccord».

Le Ministère public, pour sa part, n'a pas souhaité réagir aux annonces du SPJ. Il s'estime étranger à ce conflit opposant les inspecteurs à leur département, et n'entend pas s'en mêler.

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