Masques jetables: Piètre qualité ou faux certificats, de meilleurs contrôles sont exigés

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Masques jetablesPiètre qualité ou faux certificats, de meilleurs contrôles sont exigés

Des parlementaires de tous les partis demandent que la surveillance du marché des masques soit renforcée.

par
Yannick Weber
Attention aux faux: les inscriptions «CE» ou «EN 14683» sur les boîtes de masques ne garantissent pas toujours la véracité de la certification. 

Attention aux faux: les inscriptions «CE» ou «EN 14683» sur les boîtes de masques ne garantissent pas toujours la véracité de la certification.

Keystone

La motion déposée par la conseillère nationale Sophie Michaud Gigon (Verts/VD) est signée par un quart des 200 élus de la chambre basse et de tous les partis. Elle demande que le Conseil fédéral définisse «des standards de sécurité au sujet des masques chirurgicaux et renforce le contrôle de la qualité des masques importés en Suisse.» L’élue écologiste, également secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC), estime avec ses collègues que le temps de l’urgence est révolu.

Faux certificats décelés

En plein pic de la pandémie, la Confédération avait allégé les exigences, notamment en termes de normes de certification, pour l’importation de masques, à condition que ceux-ci soient utilisés par la population (dans les transports, les magasins, etc) mais en aucun cas par le personnel médical. Mieux valait alors des masques douteux à des prix exorbitants plutôt que rien du tout. «Il y avait urgence, et un tel abaissement était acceptable», estime la FRC dans une prise de position sur Facebook.

Or, désormais, l’urgence est derrière nous, et les contrôles doivent être renforcés, estiment les élus signataires. Ils devraient non seulement se focaliser sur la qualité effective des masques importés, mais aussi sur la véracité de leurs certifications. Swissmedic, l’autorité de surveillance du marché, avait effectivement constaté qu’une certaine quantité des masques importés comportaient des certifications falsifiées. Une enquête de l’émission alémanique «Kassensturz» a montré que 18 millions de pièces parmi celles commandées par l’armée étaient concernées par des certifications fallacieuses.

Qui fait quoi, au juste?

«Le BPA (bureau de prévention des accidents) a lui alerté en juillet sur le fait que près de 60 % des masques FFP2 ou K95 destinés aux professionnels ne répondaient pas aux normes. Il est donc nécessaire d'ordonner rapidement l'ensemble du processus de contrôle pour combler les lacunes et assurer une bonne sécurité â la population», ajoute encore Sophie Michaud Gigon dans sa motion.

Après l’acceptation de la motion, le Conseil fédéral devra commencer par faire de l’ordre sur qui est responsable de quel contrôle. «La FRC a constaté cet été que les organismes compétents n’étaient pas toujours prompts à assumer leur responsabilité et qu’avec les fournisseurs et importateurs, ils ont tendance à se renvoyer la balle», note la fédération.

Contrefaçons saisies

L’agence européenne Europol a mené une vaste opération de lutte anti-contrefaçons pendant huit mois, débutée avant la pandémie et qui ne concernait donc pas uniquement des masques. L’enquête a mené à de grosses saisies de produits arrivés illégalement sur le marché dans les pays de l’UE, rapportait le média belge «La Libre» la semaine dernière. Ce sont 27 millions de masques non réglementaires qui ont été saisis par l’agence au cours de ses investigations.

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