RDC: Pillages, viols et meurtres à Goma
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RDCPillages, viols et meurtres à Goma

Des milliers de civils congolais déplacés par les combats dans le Nord-Kivu étaient en quête d'aide vendredi, alors que la communauté internationale se mobilisait.

Les ministres français et britannique de la diplomatie étaient attendus dans la région.

«La situation est catastrophique, il n'y a pas d'autres mots», a déclaré un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Profitant d'une accalmie précaire aux abords de Goma après les violents affrontements du début de semaine, une équipe de trois agences de l'ONU - le HCR, le PAM et l'UNICEF - a pu se rendre vendredi au nord de Goma, dans le camp de Kibati. Les déplacés, qui avaient fui mercredi, y sont retournés, à la faveur de l'accalmie, a indiqué à Genève le HCR.

Biscuits, eau et médicaments

Les organisations ont pu reprendre leur aide d'urgence aux civils déplacés. Des biscuits vitaminés ont été distribués à quelque 6000 enfants, a précisé l'UNICEF à Genève. Une équipe du CICR a fait parvenir aux déplacés de l'eau potable et des médicaments.

Les ONG ont appelé la communauté internationale à renforcer sans tarder les forces de la Mission de l'ONU au Congo (MONUC). Cette dernière, qui a déployé 17 000 hommes dans tout le pays, n'en compte que 800 à Goma. Son chef Alan Doss réclame un renfort provisoire de 2000 hommes.

En début de semaine, la rébellion, qui se trouve aux portes de Goma, a pris le dessus sur les troupes régulières dans l'est de la RDC, avant de proclamer un cessez-le-feu unilatéral mercredi.

Diplomatie

Le général congolais déchu Laurent Nkunda, chef des rebelles tutsis, menace d'occuper Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, si les casques bleus ne garantissent pas la trêve et la sécurité en ville. Il a notamment accusé les éléments de la MONUC de n'avoir pas empêché le massacre de civils par les forces gouvernementales en déroute.

La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a accusé pour sa part des soldats gouvernementaux de «pillages, viols et meurtres» commis à Goma. Elle a demandé à Kinshasa de mieux contrôler ses forces armées dans le Nord-Kivu.

Pour régler la crise, les pays de l'Union européenne (UE) ont donné vendredi la priorité à la diplomatie. Ils n'ont pas pris de décision quant à l'envoi éventuel d'une force militaire européenne en appui aux casques bleus, comme l'avaient proposé la France et la Belgique.

Accord pour un sommet

Les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame sont d'accord de participer à une réunion internationale au plus haut niveau sur la paix en RDC, a annoncé vendredi à Kinshasa le commissaire européen à l'Aide humanitaire, Louis Michel.

A Paris, le gouvernement a annoncé la visite vendredi à Kinshasa et Goma du chef de la diplomatie Bernard Kouchner, qui sera notamment accompagné de son homologue britannique David Miliband. Le ministre français pourrait se rendre aussi à Kigali, au Rwanda, au cours de cette visite-éclair d'une durée de 24 à 48 heures.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté les rebelles à maintenir le cessez-le-feu qu'ils ont décrété et à ouvrir le dialogue avec les autorités de Kinshasa. Craignant que le conflit ne débouche sur une catastrophe humanitaire de grande ampleur, il a dépêché des émissaires à Kigali et à Kinshasa pour entreprendre une médiation.

Depuis 2004

Les 4000 hommes de Nkunda sont en état d'insurrection sporadique contre l'armée régulière dans l'est de l'ex-Congo belge depuis 2004. Le chef rebelle accuse l'armée de pactiser avec les Hutus réfugiés en RDC après avoir pris part au génocide contre les Tutsis en 1994 au Rwanda.

Le gouvernement congolais dément ces allégations et accuse à son tour le Rwanda de soutenir les troupes de Nkunda, ce que réfutent les autorités de Kigali.

(ats)

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