Maltraitance animale en France - Pinces à électrocuter, aiguillons dans l’anus, des images choc d’un abattoir
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Maltraitance animale en France Pinces à électrocuter, aiguillon dans l’anus, des images choc d’un abattoir

L’association de défense des animaux L214 a diffusé mardi soir des images d’animaux brutalisés et à l’agonie dans un abattoir de truies à Briec (Finistère), réclamant un audit généralisé de tous les abattoirs de France.

«L214 demande au ministre de l’Agriculture un nouvel audit généralisé de tous les abattoirs de France», indique dans un communiqué l’association qui publie régulièrement des vidéos «choc» pour dénoncer les conditions d’élevage et d’abattage des animaux.

Les images diffusées sur le site de l’association montrent des truies poussées à coups de pied et d’aiguillon électrique, alors qu’elles semblent en partie paralysées, se trainant au sol. D’autres reçoivent des coups d’aiguillon dans l’anus pour avancer plus vite. D’autres encore se retrouvent bloqués dans un couloir visiblement trop étroit. Les coups d’aiguillon ne permettant pas de dégager les deux animaux, un opérateur se sert d’une pince à électrocuter sur l’un pour dégager l’autre.

«Vu l’horreur, nous avons bon espoir que ces images provoquent (l)a fermeture administrative» de l’abattoir, indique L214.

Les images ont été tournées dans l’abattoir de la Société briécoise d’abattage (SBA), une unité du groupe Les Mousquetaires (Intermarché) spécialisée dans l’abattage, la découpe et le désossage de truies de réforme, c’est à dire de truies en «fin de carrière». Selon L214, 2.300 cochons y sont abattus chaque semaine.

«Les images filmées à la Société Briécoise d’Abattage et diffusées ce jour par L214 sont choquantes», a réagi dans un communiqué la direction de l’abattoir, disant avoir «décidé, par mesure conservatoire, de suspendre provisoirement la ligne de production concernée, en attendant les conclusions des différents audits et enquêtes internes qui ont été immédiatement diligentés, en lien avec les autorités sanitaires».

La préfecture du Finistère évoque de son côté dans un communiqué des «pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale».

A la suite de plusieurs enquêtes de l’association L214 en 2015 et 2016, le ministre de l’Agriculture de l’époque Stéphane Le Foll avait ordonné fin mars 2016 des inspections dans l’ensemble des abattoirs de France. Celui de Briec avait été inspecté en avril 2016. «Cinq ans plus tard, tous les problèmes relevés par la DDPP (les services vétérinaires) perdurent», dénonce L214.

«Les non-conformités relevées depuis 2016, toutes mineures, ont fait l’objet de rappels réglementaires à l’entreprise pour mise en oeuvre d’actions correctives», précise la préfecture du Finistère, soulignant que «le respect des exigences en matière de protection animale relève de la responsabilité de l’abatteur».

«Les non-conformités graves vues dans la vidéo n’ont jamais pu être observées en présence des inspecteurs. Elles auraient entraîné des sanctions administratives et pénales immédiates», ajoute la préfecture.

L214 porte plainte «pour sévices graves commis envers des animaux auprès du procureur de la République de Quimper et demander à la justice de punir sévèrement la direction de l’abattoir, ainsi que les services vétérinaires du département», indique l’association dans son communiqué. Elle ajoute introduire en outre «un recours en responsabilité contre l’État pour manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation».

(AFPE)

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