Actualisé 07.07.2016 à 10:37

Affaire GiroudPirater des journalistes? «Immoral et trop cher»

L'encaveur valaisan aurait dit non au hacking. Tout comme les trois autres accusés. Et les écoutes téléphoniques sèment le doute.

L'encaveur valaisan Dominique Giroud.

L'encaveur valaisan Dominique Giroud.

photo: Keystone/Image d'archives

L'enquête sur les tentatives de hacking de deux journalistes, dans le cadre de l'affaire Giroud, est bouclée. Selon «Le Temps», les parties ont encore une semaine pour demander des compléments. Malgré les «longues et minutieuses» investigations menées par la procureure Josepha Wohnrau, difficile de dire qui a fait, ou dit, quoi, tant les versions des quatre protagonistes divergent toujours.

«Le Temps» a pu se procurer quelques détails du dossier qui illustrent la situation. Entre l'encaveur valaisan Dominique Giroud, son ami travaillant pour le Service de renseignement de la Confédération, poste qu'il n'occupe plus aujourd'hui, le détective contacté dans un premier temps par ce duo et l'informaticien appelé en renfort, tous clament leur innocence.

«Propose lui 100'000»

Dominique Giroud n'aurait jamais demandé le piratage informatique des deux journalistes pour savoir d'où ils tenaient leurs sources sur ses démêlés avec le fisc ou l'origine de ses vins, trouvant ça «immoral et trop cher». Son ami agent secret aurait pris part aux réunions du quatuor uniquement pour dire sa désapprobation et empêcher le projet d'être mené à bien. Le détective – qui jouait dès le départ l'agent-double en informant un des journalistes visés par le piratage parce qu'il le connaissait bien – affirme n'y être pour rien. Pourquoi, sinon, aurait-il averti le journaliste de ce qui se tramait? Enfin, l'informaticien explique avoir tenté de faire capoter la chose en réclamant des tarifs prohibitifs.

Trop cher, c'est bien un terme qui revient à plusieurs reprises dans les extraits de conversations téléphoniques cités par«Le Temps». Le détective évoque une somme de 40'000 fr. par journaliste et 80'000 fr. par magistrat, mais l'informaticien affirme avoir réclamé cinq fois plus. Dominique Giroud propose: «100'000 pour tout, et tu lui dis que l'objet il est quand même politique et que lui, il risque pas sa vie quand même, alors que moi, je risque ma vie pour des choses complémentaires à l'économie.»

«Bouc émissaire»

Au final, les trois premiers s'en remettent à une version défendue par l'agent secret, selon laquelle l'informaticien aurait poursuivi le projet tout seul, pour le plaisir de relever le défi qui s'offrait à lui. Mais ces deux personnages-là se sont rencontrés le soir même de la tentative de hacking. Et l'informaticien, qui parle d'une «équipe méfiante qui change les lieux de rendez-vous à la dernière minute, tourne plusieurs fois dans les giratoires pour éviter les filatures, entre et sort des parkings pour brouiller les pistes», toujours selon «Le Temps» crie au complot: «Je suis un bouc émissaire pratique.»

Difficile de dire si le procès, qui devrait faire suite à cette instruction, arrivera à faire la lumière sur les commanditaires et acteurs de cette affaire d'espionnage et de piratage informatique.

Infobox

En janvier dernier, «Le Matin Dimanche» avait pu prendre connaissance du dossier pénal. Retrouvez l'enquête: Dominique Giroud a voulu «faire sauter le système».

(NewsXpress)

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