Mobilité: Pistes cyclables: la droite refuse les contraintes
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MobilitéPistes cyclables: la droite refuse les contraintes

Le contre-projet à l'initiative Pro Velo n'est pas complètement du goût du PLR et de l'UDC. Ils l'estiment superflu. Les autres partis sont plus conciliants.

L'initiative Pro Velo, déposée à Berne le 1er mars dernier, demande l'inscription de la promotion du vélo dans l'article constitutionnel sur les chemins et sentiers pédestres.

L'initiative Pro Velo, déposée à Berne le 1er mars dernier, demande l'inscription de la promotion du vélo dans l'article constitutionnel sur les chemins et sentiers pédestres.

Keystone

Imposer aux cantons et aux communes des mesures contraignantes en matière de pistes cyclables n'est pas du goût des partis bourgeois. Mais le contre-projet à l'initiative Pro Velo, ramené à des propositions assez inoffensives, remporte l'adhésion, à l'exception du PLR et de l'UDC.

L'initiative Pro Velo demande l'inscription de la promotion du vélo dans l'article constitutionnel sur les chemins et sentiers pédestres. Le texte veut renforcer le trafic cycliste au quotidien et pendant les loisirs. Le contre-projet direct élaboré par le Conseil fédéral reprend l'essentiel des propositions sans caractère contraignant pour les collectivités publiques.

Ni l'un ni l'autre

Le PLR ne veut ni de l'un ni de l'autre. Ces projets entraîneront à coup sûr des dépenses supplémentaires. Cantons et communes sont déjà bien assez dotés pour les questions de mobilité douce. Le contre-projet créerait des doublons superflus. Un avis partagé par l'UDC. D'après elle, les cantons et communes s'occupent déjà de manière remarquable du trafic cycliste.

Cantons et communes préservés

Plus conciliants, le PDC et le PBD privilégient le contre-projet, car il n'empiète pas sur les compétences des cantons et des communes. Il faut mieux exploiter le potentiel des déplacements à pied et à vélo quand on sait que la moitié des trajets en voiture sont inférieurs à 5 km, indique le PDC.

Il faut investir là où c'est nécessaire et sensé, poursuit-il, ajoutant qu'il attend un engagement plus fort de la main publique en matière de pistes cyclables. Le PBD estime lui qu'une implication trop directe de la Confédération impliquerait des coûts supplémentaires inopportuns en ces temps d'économies.

Contre-projet soutenu

Les villes soutiennent également le contre-projet plus à même de passer la rampe. L'Union des villes suisses regrette en revanche que le projet ne fasse pas mention explicitement d'un financement substantiel de la Confédération dans le cadre du programme d'agglomération.

Même son de cloche du côté de l'association des communes suisses qui estime également que le contre-projet est plus judicieux. Elle compte sur un soutien de la Confédération, mais rappelle que les compétences des cantons et communes ne doivent pas être entravées.

Contactée, la conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement, a indiqué que les cantons ont obtenu un délai supplémentaire pour prendre position.

Gros besoin de rattrapage

Les Verts et le PS, très proches du comité d'initiative, saluent la proposition du Conseil fédéral et l'idée de mettre sur pied d'égalité les pistes cyclables et les sentiers pédestres. Ces deux modes de déplacement ont les mêmes exigences en infrastructures.

Mais la gauche donne tout de même sa préférence à l'initiative. Il y a déjà des synergies en place pour la signalisation des sentiers pédestres et des pistes cyclables, écrivent les Verts. Pas besoin de créer de nouvelles structures.

Pour le PS, la Suisse a un gros besoin de rattrapage en comparaison avec des pays comme le Danemark ou les Pays-Bas et ce malgré l'adoption en 1979 déjà de l'article constitutionnel sur les chemins et sentiers pédestres. Et la Confédération doit pouvoir fixer des principes de base en matière de mobilité douce, car il en va de la santé, de l'environnement, de la sécurité ou du tourisme, autant de domaine de son ressort.

Résultats rapides et homogènes

Pro Velo se montre aussi critique envers les retouches apportées à son texte «Pour la promotion des voies cyclables et des chemins et sentiers pédestres». En fixant des obligations aux cantons et aux communes, on arriverait à des résultats plus rapides et plus cohérents au niveau national.

Les exigences de la Confédération constitueraient un signal fort en faveur d'une mobilité plus saine et plus respectueuse de l'environnement. Aujourd'hui, il y a un véritable tendance dans ce sens; il n'y a qu'à voir le boom des vélos électriques. Derrière le comité d'initiative figurent l'ATE, le WWF, Pro Juventute ou Pro Natura. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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