Actualisé 14.11.2011 à 10:31

Fusillade à GenèvePistolets à air comprimé changés en armes létales

Le meurtre du centre commercial des Cygnes, au coeur de Genève, met en exergue de nouvelles pratiques chez certains marginaux du canton.

de
tpi

«Pour 1000 francs, on trouve facilement un 9 mm. Moi j'ai mon 22 (n.d.l.r.: long rifle). Et maintenant, les Albanais ont une nouvelle spécialité, ils transforment des jouets en armes à feu.» Les marginaux qui se rencontrent tous les jours sur la place Cornavin sont formels: les armes de poing circulent facilement dans le milieu.

Mardi dernier, l'une d'entre elles a servi lors de la fusillade qui a coûté la vie à un homme de 37 ans, abattu de plusieurs balles dans un centre commercial genevois. «Le nombre de saisies d'armes à feu dans cet univers n'est pas significatif», tempère Bernard Bersier, chef du service des armes de la police cantonale.

Le spécialiste explique qu'il est en revanche tout à fait possible de convertir un pistolet à air comprimé en une arme mortelle. Un procédé connu: «En réalésant le canon, on peut le transformer en un revolver 22 long rifle. C'est aussi réalisable avec les pistolets lance-fusée. Mais son utilisateur prend des risques.»

Un marché gris difficile à contrôler

Ce qui préoccupe davantage Bernard Bersier, c'est la présence d'un marché gris dans le canton. Jusqu'en 2008, la vente d'armes entre particuliers n'était pas obligatoirement signalée aux gendarmes. De fait, certains revolvers se sont évaporés dans la nature.

Si leur quantité est difficilement chiffrable, la police n'exclut pas qu'ils s'échangent dans la rue contre quelques milliers de francs. «Et sinon, on va se servir dans les caves, explique un marginal. L'autre jour, je cherchais du vin et je suis tombé sur un fusil. Je l'ai pris.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!