Afrique du : Pistorius ne souffrait pas d'un trouble mental
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Afrique du Pistorius ne souffrait pas d'un trouble mental

Le procès du champion paralympique, qui doit répondre du meurtre de sa petite amie, a repris lundi à Pretoria après un long ajournement pour évaluer sa santé mentale lors des faits en 2013.

«M. Pistorius ne souffrait pas d'un trouble mental ou d'une infirmité qui l'aurait rendu pénalement irresponsable de l'acte dont il est accusé», ont conclu les trois psychiatres et le psychologue chargés d'établir un diagnostic indépendant, selon leurs rapports succinctement résumés à la barre par le procureur Gerrie Nel.

«M. Pistorius était en mesure d'apprécier que ce qu'il faisait était mal», a-t-il ajouté. M. Nel a souligné que les quatre médecins aboutissaient aux mêmes conclusions, présentées dans deux rapports.

Si les experts avaient au contraire diagnostiqué un réel dérangement psychiatrique, cela aurait pu être retenu comme une circonstance atténuante, mais aussi conduire M. Pistorius à être interné dans un hôpital psychiatrique avec d'autres malades pour une durée indéfinie.

Le sportif double amputé, mondialement connu pour sa participation aux Jeux olympiques de Londres en 2012 avec les valides, est passible de la prison à vie, soit 25 ans de réclusion incompressible.

Selon l'accusation, le sportif ne vivait pas dans la peur permanente de l'insécurité ou d'un cambriolage comme il le dit souvent, mais avait développé une personnalité égocentrique avec une propension à se croire au-dessus des lois, à se montrer instable, dominateur et fuyant en permanence ses responsabilités.

Troubles datant de l'enfance

Le champion paralympique âgé de 27 ans, jugé à Pretoria depuis le 3 mars et dont le 34e jour de procès a repris lundi, après un long ajournement, n'a lui-même jamais soulevé un quelconque trouble psychique pour expliquer son geste fatal commis le 14 février 2013.

Accusé d'avoir sciemment tué Reeva Steenkamp après une dispute, Oscar Pistorius plaide non coupable et assure qu'il se croyait attaqué par un cambrioleur. Il a alors paniqué quand il a ouvert le feu et tiré quatre fois sur la porte des WC de la salle de bains de sa chambre.

A l'appui de cette version, la défense du sportif a fait citer à la barre en mai une psychologue sud-africaine venue affirmer que M. Pistorius, qui vivait constamment armé, souffrait d'un trouble anxieux généralisé remontant à l'enfance et contribuant à expliquer le meurtre.

Mais après contre-expertise, ce portrait psychologique d'un Oscar Pistorius dérangé au point de ne pas savoir ce qu'il faisait quand il a tiré ne tient pas.

Avocat réservé

A l'audience, Barry Roux, l'avocat d'Oscar Pistorius, n'a pas contesté les dires du procureur, mais il a refusé de dévoiler sa tactique pour la suite.

Dans l'immédiat, il a laissé le procès reprendre comme si de rien n'était, produisant comme nouveau témoin à décharge une vieille connaissance de l'athlète: le chirurgien orthopédique Gerald Versfeld, qui l'a amputé de ses deux pieds à l'âge de 11 mois. Né sans péronés, Pistorius a été équipé de prothèses pour se déplacer.

«Terrible erreur»

L'athlète connaissait Reeva Steenkamp depuis trois mois quand il l'a abattue chez lui, aux premières heures de la Saint-Valentin 2013. Lors de son interrogatoire à la barre en avril, il avait dit avoir fait «une terrible erreur». Il avait également suggéré qu'il n'était pas «rationnel» lorsqu'il avait déchargé son 9 mm, déclarant «n'avoir pas eu le temps de réfléchir» et avoir tiré «par accident».

«Je n'avais pas l'intention de tuer Reeva, ni personne d'autre», avait prétendu le sportif, se retranchant derrière la thèse d'une action involontaire. (afp)

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