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Pitbulls d'Oberglatt: 30 mois fermes pour l'accusé principal

Le propriétaire des pitbulls tueurs d'Oberglatt (ZH) a été condamné à deux ans et demi de prison ferme, pour homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence.

Débouté de sa demande d'inculpation pour meurtre, un avocat fera recours.

Le Tribunal de district de Dielsdorf (ZH) a en revanche revu légèrement à la baisse les peines exigées par la procureure pour les co-accusés. Il a retenu 14 mois et 12 mois, chaque fois avec sursis, pour l'ex-compagne et le locataire de l'appartement d'où les chiens s'étaient enfuis le 1er décembre 2005 avant d'aller traumatiser une jeune mère puis de tuer un petit Turc de six ans.

Les trois condamnés devront en outre verser collectivement 50 000 francs pour tort moral à chaque parent du garçonnet, ainsi que des dommages-intérêts, frais de thérapie et de justice.

L'homicide par négligence est passible de trois ans de prison ferme. Le principal condamné, un ressortissant italien de 42 ans qui est né et a grandi en Suisse, est «très lourdement coupable», a expliqué le président du Tribunal. Il a élevé de manière irresponsable ses chiens, a fait preuve de négligence en ne les socialisant pas et en ne les surveillant pas le jour du drame. Il maltraitait des animaux depuis des décennies.

Campagne de presse

La cour a estimé, contrairement à la procureure, que la campagne de presse dont il a fait l'objet ne constituait pas une circonstances atténuante dans ce cas précis.

«L'accusé n'a en effet pas de vie sociale ou de famille en Suisse, il a vécu les dernières années en Italie et il a annoncé qu'il partirait en Allemagne», a expliqué le président du tribunal. En revanche, ce dernier a retenu son enfance difficile et ses rapides aveux pour ne lui infliger que deux ans et demi.

«La seule à agir»

Son ex-amie «a été la seule à tenter de récupérer les chiens», a noté la cour. Mais en mettant un chien à la cave au lieu de bloquer l'escalier menant à la rue, elle a choisi «la pire option» et laissé sortir les molosses. Elle a pas ailleurs aussi été condamnée pour avoir faussement accusé un infirmier de viol il y a quelque mois. A sa décharge, la cour a retenu les aveux et «la réelle empathie et les regrets sincères exprimés aux parents».

Le locataire de l'appartement a quant à lui monté l'enclos instable et n'a pas vérifié si les chiens pouvaient s'en échapper. Même novice, il connaissait la puissance des chiens et savait qu'ils avaient été enfermés toute leur vie sans contacts extérieurs. Au moment de leur fuite, il a fait preuve d'une «rare passivité». A sa décharge, une vie sans histoire ni condamnation jusqu'ici.

En conclusion, le tribunal a déclaré vouloir donner «un signal» en infligeant des peines «élevées». «Toute personne qui détient des animaux aussi dangereux doit assumer les conséquences quant elle viole son devoir de vigilance et de surveillance», a résumé le président de la cour.

Meurtre pas retenu

Les avocats des accusés ont déclaré ne pas vouloir commenter le verdict dans l'immédiat. Ils examineront les considérants attendus d'ici fin janvier avant de se prononcer sur un éventuel recours.

Un avocat des victimes a en revanche d'ores et déjà annoncé sa volonté de faire recours. Représentant une jeune mère traumatisée par les chiens et par le drame auquel elle avait assisté, il avait demandé que la cour retienne l'accusation de meurtre et non d'homicide par négligence.

Les juges ont rejeté cette demande. «Elle n'aurait été envisageable que si les accusés avaient volontairement lâché les chiens à l'extérieur», a argumenté le président du tribunal.

Le 1er décembre 2005, un petit Turc de six ans se rendant à l'école enfantine avait été attaqué et déchiqueté par trois pitbulls échappés de l'appartement. Le drame a lancé un débat national sur les chiens dangereux.

(ats)

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