Pitbulls tueurs: peine réduite pour le propriétaire
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Pitbulls tueurs: peine réduite pour le propriétaire

Le propriétaire des pitbulls tueurs d'Oberglatt (ZH) a été acquitté sur un chef d'accusation en deuxième instance et voit sa peine réduite.

Les deux autres prévenus ont été relaxés. L'acte d'accusation «lacunaire» y est pour beaucoup dans ces acquittements.

Dans son jugement publié mercredi, le Tribunal cantonal de Zurich a abaissé la peine du propriétaire des pitbulls de deux ans et demi de prison ferme à deux ans avec sursis. Car il a certes maintenu l'accusation d'homicide par négligence mais a levé celle de lésions corporelles graves.

Le 1er décembre 2005, les trois pitbulls de cet Italien de 43 ans se sont échappés et ont, sur un chemin en bordure de forêt, menacé une mère et son enfant, pour ensuite se jeter sur un petit garçon de six ans qui allait à l'école, et le déchiqueter.

La preuve n'est pas apportée

La femme qui a assisté au drame avec son fils de quatre ans est aujourd'hui encore traumatisée par l'événement. Elle ne peut plus travailler et touche une rente AI. Pour cette raison, la première instance avait reconnu le propriétaire des pitbulls coupable de lésions corporelles graves.

La preuve n'a pas été apportée que le traumatisme de cette femme de 27 ans ait été causé par ses chiens, a en revanche estimé la cour d'appel. Et de pointer le doigt sur l'acte d'accusation, visiblement incomplet ou imprécis. Le Tribunal cantonal de Zurich a critiqué de manière générale ce texte «lacunaire qui a conduit aux acquittements».

La cour d'appel a ainsi réduit à néant les espoirs de la plaignante de toucher des indemnités. Son avocat avait exigé 60 000 francs. Il réfléchit encore à la possibilité de faire recours contre le jugement de deuxième instance.

Pas de dédommagement

Malgré la réduction de peine, le propriétaire des pitbulls ne touchera pas de dédommagement. Lors de l'audience mardi, il avait demandé 18 mois de prison et réclamé une indemnité de 6000 francs pour les 20 mois qu'il a passés en établissement pénitenciaire.

La cour zurichoise n'a pas donné suite à cette exigence puisqu'elle l'a finalement condamné à deux ans de prison. L'homme était sorti de prison fin juillet 2007 après avoir purgé deux tiers de sa peine pour bonne conduite.

Acquittements

Mercredi, le Tribunal cantonal de Zurich a aussi acquitté l'ex- compagne et le locataire de l'appartement d'où s'étaient échappés les pitbulls. En première instance, les deux prévenus avaient écopé respectivement de 14 et 12 mois de prison avec sursis pour homicide par négligence.

La femme, une Suissesse de 30 ans, avait été la seule à tenter de récupérer les cinq pitbulls qui s'étaient échappés de l'enclos de fortune construit sur la terrasse de l'appartement. Mais la procureure, et avec elle le tribunal de première instance, avaient estimé qu'elle n'avait pas réagi de manière adéquate.

La cour d'appel a estimé de son côté qu'il n'était pas prouvé que la femme aurait pu éviter le drame en arrivant à temps sur le lieu de la tragédie. La prévenue a été condamnée à 240 jours-amende à dix francs pour avoir faussement accusé un infirmier de viol.

Le locataire de l'appartement a quant à lui certes aidé le propriétaire des pitbulls, un copain, à construire l'enclos sur la terrasse. Mais il n'y a pas placé lui-même les molosses, dont il n'avait pas la responsabilité, a argumenté le tribunal. Ce double national suisse et allemand de 40 ans touchera lui un dédommagement de 1600 francs pour les 14 jours qu'il a passés en préventive.

La procureure n'a pas encore décidé si elle voulait faire recours. Elle a qualifié de «succès» la condamnation à deux ans de prison du principal responsable. Le drame d'Oberglatt avait secoué la Suisse entière et lancé un débat national sur les chiens dangereux.

(ats)

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