20.02.2019 à 21:15

Lausanne

Plaignant «oublié» par la justice: procès renvoyé

Un différend ayant fini en pugilat devait se régler au tribunal. Sauf que la convocation d'une des parties manquait.

de
Christian Humbert

C'est une omission plutôt gênante: le plaignant dans une procédure pour lésions corporelles simples n'a pas été convoqué par la justice au procès qui s'est tenu mardi au Tribunal de Lausanne.

Les deux prévenus, un médecin et son fils, étaient bien sur le banc des accusés. Mais le siège réservé au plaignant était vide. Le Tribunal de police devait statuer sur le recours des deux hommes, condamnés par une procureure pour avoir frappé leur voisin (lire encadré). Constatant l'absence du plaignant, leur avocat a commencé par demander le renvoi de l'audience. Mais le président a estimé que les dépositions au dossier étaient suffisantes pour statuer.

Les accusés ont donc livré leur version des faits, très différente de celle du voisin. Puis leur situation personnelle a été auscultée, en vue de fixer le montant d'une éventuelle amende. Mais, alors que leur avocat allait plaider, le président a suspendu la séance. En feuilletant le dossier, il n'y a pas trouvé la convocation du plaignant. Le temps que le magistrat vérifie la chose, il a rouvert l'audience pour la refermer aussitôt, en annonçant ce faux pas administratif.

Les frais liés à ce procès reporté devraient être à la charge du Canton. Une telle erreur est très rare, même si les greffes traitent des milliers de dossiers par année, notamment les oppositions à des condamnations par des procureurs ou des préfets.

Voisins malgré eux

Le procès avorté de mardi est l'un des multiples épisodes de quinze ans de disputes entre deux familles, voisines malgré elles. En 2000, elles avaient acheté à deux, mais sans se connaître, une parcelle dans un village de la région lausannoise pour y construire leur maison. Ce «chacun chez soi mais sur le même terrain» n'a fonctionné qu'un temps. Puis, mesquineries et fâcheries se sont succédé et ont abouti à cette agression, contestée par les prévenus, qui affirment avoir été d'abord attaqués.

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